À Caen, des élèves français et africains se rencontrent pour partager leur travail sur la citoyenneté

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Crédit photo : Kristen Poels

Dans le cadre de notre projet SOLIDE, des collégiens et lycéens français ont travaillé avec des élèves du Sénégal, de Côte d’Ivoire, du Togo, du Bénin et du Burkina Faso pour étudier le thème des enfants sans identité. Après plusieurs mois d’échanges et de recherches, ils se sont retrouvés à Caen, le jeudi 23 mai, pour restituer leurs travaux respectifs.

« Sans Aide et Action, je n’aurais jamais eu l’occasion de venir en France et de rencontrer des élèves d’autres nationalités, témoigne Madinatou, 17 ans, originaire du Burkina Faso. Grâce au projet, on a eu la chance de vivre une magnifique expérience et de pouvoir échanger tous ensemble, c’était très riche. » Le projet en question, concerne un travail mené par 15 établissements en France et en Afrique sur le sujet des enfants sans identité.

Co-porté par le Rectorat d’Académie de Caen et l’Assemblée Nationale française, celui-ci s’adresse aux collégiens et lycéens du département du Calvados ainsi qu’à des élèves du Sénégal, de Côte d’Ivoire, du Togo, du Bénin et du Burkina Faso. Les groupes d’élèves impliqués ont été invités à réaliser des recherches sur le sujet des enfants sans identité et à élaborer des productions, voire mettre en place des actions concrètes, pour sensibiliser à cet enjeu et faire changer les choses.

250 millions d’enfants fantômes dans le monde

Après plusieurs mois de recherches et d’échanges virtuels, ils se sont retrouvés à Caen, le jeudi 23 mai, pour restituer leurs travaux respectifs au sein de l’Université des sciences. Chacun leur tour, les élèves sont venus présenter leurs productions devant l’ensemble des participants. Textes, affiches, poèmes, bandes dessinées, slams ou même chansons ont été partagés. « Nous ne savions pas qu’il y avait 250 millions d’enfants fantômes dans le monde. Nous avons beaucoup appris grâce à ce travail et nous espérons que ça permettra de faire prendre conscience aux autres de l’ampleur du problème », affirme une élève du Lycée Sainte-Marie, de Caen.

« La rencontre physique donne une autre dimension »

Obed, Kotia et Madinatou, les trois jeunes africains qui avaient pu faire le déplacement respectivement depuis le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso ont, quant à eux, réalisé de véritables plaidoiries qui ont enthousiasmé tous les participants ! Déjà sensibilisés à la problématique particulièrement pesante sur leur continent, ils ont tenu à souligner l’importance de la déclaration des naissances auprès de l’état civil pour que les droits de chaque enfant soient respectés.

La participation de cette délégation africaine a semblé importante pour rendre visible la nouvelle dimension internationale du projet. « Depuis trois ans que ce projet existe, l’échange qui a lieu entre les participants enrichit énormément, mais cette année, la rencontre physique donne une autre dimension. Pour ça, je tiens à remercier Aide et Action », a déclaré Laurence Dumont, députée du Calvados qui porte le projet depuis plusieurs années.

Enjeu sociétal et éducatif majeur dans de nombreux pays, la déclaration des naissances est « une problématique dramatique aux conséquences lourdes », comme l’a rappelé la députée. Une idée soutenue par Kotia, 9 ans, qui a conclu la journée sur ces mots : « Comme aimait le dire mon grand-père : un simple extrait de naissance aurait suffi à donner à mon existence toute la clairvoyance. »