Alphabétisation des femmes au Burkina Faso : « C’est comme si j’existais, encore plus qu’avant »

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Selon l’UNESCO, Au Burkina Faso, le taux d’alphabétisation des adultes est de 34.6 % et de 26.2 % seulement pour les femmes. C’est pourquoi, comme le souligne Rosine TRAORE, directrice pays d’Aide et Action : « L’un de nos principaux axes d’intervention au Burkina Faso concerne l’alphabétisation des femmes avec, en objectif secondaire, la favorisation de leur autonomisation ».

Depuis environ neuf ans et avec le soutien de la Fondation L’OCCITANE, Aide et Action mène un programme d’alphabétisation au profit des femmes au Burkina Faso. En 2015, un nouveau modèle de projet mettant un accent particulier sur l’autofinancement a été lancé. En collaboration avec la Fédération burkinabée NUNUNA, le projet « Apprendre Pour Changer » (APC), mis en place dans la région du Centre-Ouest du Burkina Faso, cible cinq groupements de femmes dans les villages de Gallo, Sapouy, Gao et Oupon, situés dans la province du Ziro, ainsi que dans le village de Lan, situé dans la province de la Sissili.

Dans chaque village, un centre dédié aux femmes

Un centre a été construit , puis équipé de fournitures et de matériel didactique, dans chacun des villages. Des sessions d’alphabétisation y sont régulièrement dispensées et en parallèle, des activités génératrices de revenus ont été développées afin – à terme – d’autofinancer le fonctionnement de ces centres pour que de nouvelles femmes puissent y être accueillies. L’objectif : accroître les capacités économiques individuelles de toutes les femmes bénéficiaires.

« Ce sont les femmes elles-mêmes qui ont identifié les activités économiques qu’elles voulaient mener. Par exemple, à Gallo et à Oupon, elles ont choisi l’apiculture ; à Lan, c’est l’étuvage de riz ; à Gao, elles ont opté pour le petit élevage…. Ces activités ont fait l’objet d’une étude de marché en amont, les femmes sont formées, les matériels nécessaires leur sont fournis (ruches, cheptel…) et nous les suivons et les accompagnons » précise Rosine.

Chaque année, une centaine de femmes, en moyenne, bénéficie des activités du projet

Toutes les bénéficiaires s’accordent sur l’apport d’APC. Les  changements apportés dans leur quotidien pourraient nous sembler évidents, banals même, pourtant, pour elles, c’est une véritable révolution : « Aujourd’hui, je sais compter. Je fixe moi-même le prix de ce que je vends au marché et je ne me fais plus avoir (…) Je peux lire les panneaux routiers (…) Je peux me servir seule de mon téléphone portable, retrouver un nom dans le répertoire, composer un numéro. Sans avoir à demander de l’aide (…) J’ai davantage confiance en moi, je vais plus facilement vers les autres (…) Je sais écrire mon nom. C’est comme si j’existais encore plus qu’avant ».

Un bénéfice pour ces femmes en premier lieu, mais dont toute leur famille profite également : « Je peux suivre les devoirs, la scolarité de mes enfants et j’ose aller voir les instituteurs s’il y a un problème (…) En plus des cours d’alphabétisation, des « causeries » sont régulièrement organisées. Nous y échangeons et apprenons sur le paludisme, l’hygiène ou encore la protection de l’environnement. La santé de ma famille s’en trouve nettement améliorée ».

Toutes ont la même revanche à prendre et les mêmes aspirations pour leurs enfants : «Je n’ai pas pu aller à l’école quand j’étais petite. Je travaillais dans les champs. Nos enfants vont et iront à l’école. C’est très important pour nous.»

 

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