Impact de projet : Aide et Action teste une nouvelle méthode d’évaluation

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Pour mieux juger de l’impact de ses projets, Aide et Action expérimente aujourd’hui une nouvelle méthode d’évaluation : “l’approche orientée changement” qui permet d’envisager les effets du projet davantage en termes d’impacts globaux que de simples résultats. Notre chargé d’étude d’évaluation et de capitalisation vous en dit plus.

« Former 1000 enseignants  c’est bien, c’est concret et vérifiable. Savoir si ces 1000 enseignants ont, grâce à notre formation, modifié leurs pratiques pédagogiques et si des élèves apprendront ainsi mieux à lire et à écrire, ou s’ils seront de meilleurs citoyens dans quelques années, c’est nettement plus intéressant », explique Mathieu Cros, Chargé d’étude, d’évaluation et de capitalisation chez Aide et Action. Ce dernier travaille depuis plusieurs années sur une nouvelle méthode d’évaluation de projets de développement. Intitulée « approche orientée changement », cette nouvelle démarche, développée par un groupe d’associations sous l’égide du F3E,  est davantage basée sur les impacts globaux que sur les résultats bruts. Autrement dit, on ne se limite plus à une évaluation des activités réalisées, mais on l’élargit à l’analyse des changements que celles-ci ont provoqués.

La méthode d’évaluation testée au Sénégal

En février dernier, Mathieu Cros a passé une semaine au Sénégal à former à cette nouvelle méthode d’évaluation les acteurs du projet PAEBCA, mené par Aide et Action depuis 2014. Ce projet, mené en Casamance, l’une des régions les plus pauvres du pays, a pour objectifs principaux d’améliorer les conditions d’accueil des élèves (construction de 30 établissements), d’améliorer la qualité des apprentissages (formation de 1000 enseignants), et de renforcer la mobilisation sociale et la gestion participative de l’école. Pour atteindre ces objectifs, différentes actions ont été mises en place telles que la création d’organes de gestion et de participation dans les écoles, la lutte contre les violences en milieu scolaire, l’entretien des infrastructures, le développement des compétences de la vie courante, ou encore le soutien scolaire. Au total, ce projet doit concerner près de 12 000 enseignants et 36 000 enfants.

L’enjeu : s’intéresser aux changements profonds et durables

L’« approche orientée changement » consistera à mieux prendre l’environnement existant pour mesurer les répercussions au sens large des actions réalisées. Elle sera utilisée pour évaluer ce projet qui doit se terminer prochainement. Il s’agira de  Cela permettra permet d’aborder de façon réaliste l’impact du projet et de mieux préciser le rôle de chacun des acteurs. « Avec cette approche, on réfléchit davantage au sens de nos actions, explique Mathieu Cros. Ca nous permet de prendre en compte les enjeux à deux niveaux : d’abord, ceux qui concernent les enfants bénéficiaires du projet et ensuite, ceux qui sont liés aux acteurs, tels que les enseignants ou les familles. On peut alors évaluer quelle a été la progression de chacun grâce au projet. C’est une méthode qui est très pertinente, surtout dans des contextes comme la Casamance où toute la communauté est impliquée dans l’école». L’évaluation du projet sera indispensable à Aide et Action pour juger de l’efficacité de ce projet et de sa reproduction possible dans d’autres régions d’Afrique de l’Ouest.