Au Burkina Faso, le système éducatif est défaillant

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Crédit photo : Aide et Action Burkina Faso

Dieudonné Guiatin a 33 ans et à son actif dix ans de carrière dans l’enseignement. Il est en poste à l’école primaire publique à Kolonkomi, dans la commune de Bilanga, à l’Est du Burkina Faso. Titulaire de la classe du Cours Moyen première année (CM1), Mr Guiatin estime que le système éducatif fait face à de nombreuses difficultés. Témoignage.

« Les difficultés que nous rencontrons sont surtout le manque de matériel didactique qui permettrait à l’enfant de comprendre aisément les leçons et de manipuler par lui-même, et les guides de préparation des cours. Il  y a aussi le mobilier en nombre insuffisant. Nous avons deux bâtiments abritant six salles de classe et l’un deux est totalement délabré. Quand il y a le moindre vent, nous sommes obligés d’évacuer les élèves pour leur sécurité. Cela perturbe le déroulement des cours.

Les enseignants travaillent dans des conditions difficiles

À partir de mon expérience personnelle, je dirais que les enseignants travaillent dans des conditions difficiles au Burkina Faso. D’abord il y a des milieux qui ne sont pas du tout favorables aux enseignants, où leurs besoins ne sont pas pris en compte, notamment le logement. Des écoles de trois classes sont construites avec un seul logement ou même sans logement. Les enseignants affectés sont livrés à eux-mêmes et doivent se débrouiller. Mais même quand il y a des logements, ils sont souvent en très mauvais état. Les mairies, à qui l’État a transféré leur gestion, n’ont pas pu les réhabiliter.

L’école ne répond pas aux attentes des populations

En zone rurale, bon nombre de personnes n’ont pas encore compris le bien fondé de l’école. Ils sont sensibilisés pour inscrire les enfants à l’école mais il n’y a pas de suivi. Ils trouvent l’école chère, sans résultat concret répondant immédiatement à leurs besoins. Certains  ne croient pas du tout à l’éducation. Dans la région de l’Est, précisément dans la province de la Gnagna, beaucoup de personnes préfèrent les sites d’or. C’est du concret pour eux et le résultat est rapide. Il n’est pas rare de voir les enfants abandonner les classes pour aller travailler sur les sites d’orpaillage ; avec la complicité ou l’indifférence des parents. 

Je ne voudrais pas être pessimiste mais la jeunesse n’aura pas un avenir facile. Le système éducatif est défaillant. L’école ne répond pas aux attentes des populations. C’est cela qui crée la réticence. Il faut une réforme profonde du contenu pour répondre aux aspirations des parents. En tant qu’enseignant, je fais la sensibilisation des populations pour qu’elles comprennent que réussir à l’école ne signifie pas travailler dans un bureau. »

Aide et Action intervient au Burkina Faso depuis 2001 pour améliorer l’accès à une éducation de qualité. À travers nos projets, nous accompagnons les enseignants au quotidien !