Au Cambodge, les droits des enfants menacés par la pandémie de COVID-19

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Crédit photo : Christine Redmond

Au-delà des profondes perturbations qu’elle a provoqué sur les systèmes éducatifs, la pandémie de COVID-19 risque également d’entraîner une hausse significative du travail des enfants à mesure que les moyens de subsistance des familles diminuent. C’est le cas de Chana et Ley, deux enfants cambodgiens, âgés de 12 et 9 ans, forcés de travailler lorsque les écoles ont fermé pour aider leur famille à survivre.

Depuis l’an 2000, le nombre d’enfants travailleurs dans le monde a baissé de 94 millions ; un acquis qui est aujourd’hui menacé. En effet, selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et l’UNICEF, la COVID-19 pourrait conduire des millions d’enfants supplémentaires à travailler. C’est déjà le cas au Cambodge, où les jeunes doivent souvent contribuer aux revenus de leurs familles vivant sous le seuil de pauvreté.

Des conditions de vie pires que tout

À Phnom Penh, la capitale cambodgienne, nombreuses sont les familles qui étaient déjà en situation de pauvreté avant la pandémie. Aujourd’hui, leurs conditions de vie sont encore pires qu’avant. Les parents ayant perdu leurs emplois à cause de la crise et les enfants ne pouvant plus bénéficier des repas scolaires en raison des fermetures d’écoles, il est parfois difficile de survivre au quotidien. 

C’est pourquoi, Chana, 12 ans et son ami, Ley, 9 ans, se sont tous les deux mis à travailler. Pendant la fermeture des écoles, ils parcouraient les rues de leur quartier pour ramasser les déchets plastiques et recyclables pour essayer d’en tirer un revenu. Parfois, ils y consacraient une journée entière, parfois seulement le soir ou la nuit quand il faisait moins chaud.

Une véritable question de survie

La Convention relative aux droits de l’enfant consacre pourtant le droit de l’enfant d’être protégé contre l’exploitation économique et de ne pas être astreint à un travail comportant des risques ou susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou à son développement physique, mental, spirituel, moral ou social. Mais dans ce contexte extrême, le travail de toute la famille peut être une véritable question de survie.

Plusieurs études montrent qu’une hausse d’un point de pourcentage de la pauvreté conduit à une augmentation d’au moins 0,7 pour cent du travail des enfants. Un mécanisme d’adaptation aussi malheureux que nécessaire.

Ces deux enfants, cependant, espéraient que leur situation ne durerait pas et qu’ils pourraient retourner à l’école le plus tôt possible. Alors que de nombreuses écoles ont rouvert au Cambodge en septembre, les enfants de cette région ne s’y rendaient qu’environ une heure par jour en raison des restrictions de taille des salles de classe imposées par les mesures de prévention COVID-19. Depuis début novembre, les écoles de la capitale du pays sont à nouveau totalement fermées. Alors que l’éducation continue d’être perturbée, l’espoir de Chana et de Ley semble plutôt mince car le travail des enfants est souvent synonyme d’abandon scolaire.