Bridge International Academies : 174 organisations de la société civile appellent investisseurs et donateurs internationaux à cesser leur soutien financier


Aide et Action, aux côtés de 173 autres organisations issues de 50 pays, appellent aujourd’hui investisseurs et donateurs internationaux à cesser leur soutien  à l’entreprise d’écoles privées Bridge International Academies. Cet appel fait suite à des préoccupations répétées suite à l’expansion rapide et non réglementée de certains prestataires privés dans le domaine de l’éducation, notamment Bridge.

Des écoles privées peu respectueuses des normes éducatives

Dans une déclaration commune, qui s’appuie sur des rapports de l’ONU, des documents parlementaires du Royaume-Uni, des travaux de journalistes et chercheurs indépendants,  les organisations soulèvent de nombreuses questions concernant la transparence de l’entreprise Bridge, ses relations avec les gouvernements, les conditions de travail de son personnel pédagogique et le respect qu’elle porte aux normes éducatives. Les organisations dénoncent notamment le fonctionnement de l’entreprise Bridge en Ouganda et au Kenya où Bridge a exploité illégalement des écoles et n’a pas respecté les normes nationales d’éducation. Dans les deux pays, les autorités ont ordonné la fermeture des écoles Bridge.

Des coûts prohibitifs

Les 174 organisations soulignent également que l’entreprise Bridge, qui prétend fournir l’accès à une éducation de qualité aux populations les plus défavorisées, est loin d’avoir atteint son objectif. « Au lieu des 6 US dollars par mois targué par la société, les frais totaux sont plus proches de 20 US dollars par mois. Non seulement ces coûts sont prohibitifs pour une grande partie de la population des pays dans lesquels Bridge opère, mais leurs frais annoncés sont trompeurs », souligne Salima Namusobya de l’Initiative for Social and Economic Right en Ouganda. Une étude révèle notamment que 69% à 83 % des parents ont du mal à payer le loyer, à se procurer de la nourriture ou à accéder à des soins de santé à cause des frais de scolarité imposés par Bridge.

Un gros manque de transparence

Le document dénonce enfin la résistance de Bridge à tout examen public ainsi que ses tentatives pour limiter tout effort de transparence. « Nous avons vu comment, au Liberia, Bridge, qui a un accord de partenariat public-privé avec l’État, a opéré dans le plus grand secret, contestant les règles de passation des marchés publics. Cela confirme la tendance pour d’autres pays, dans lesquels Bridge a été impliqué dans l’arrestation d’un chercheur indépendant, la réduction au silence des syndicats, la résistance à l’évaluation et plus encore. Il s’agit d’une société d’éducation mondiale enveloppée dans le secret et la dissimulation et c’est extrêmement inquiétant », s’alarme Anderson Miamen de la Coalition du Libéria pour la transparence et la responsabilisation dans l’éducation.

Les programmes favorisant l’équité dans le domaine de l’éducation à prioriser

Les organisations signataires de la déclaration appellent donc les investisseurs et les donateurs internationaux à cesser leur soutien à Bridge. Elles énoncent par ailleurs un certain nombre de recommandations en matière de respect des lois et normes nationales, de transparence et responsabilisation, de traitement de la société civile et de redirection des fonds vers des programmes favorisant l’équité dans le domaine de l’éducation.

 

Pour en savoir plus, lire l’Appel de la Société Civile afin que les investisseurs cessent leur soutien à Bridge International Academies