De la Convention aux Actes : une soirée haute en couleurs pour remettre les droits de l’enfant au cœur des préoccupations politiques


Les membres de la Dynamique « De la Convention Aux Actes », dont Aide et Action est membre, ont organisé le 20 novembre dernier, journée mondiale de l’enfance et date anniversaire des 30 ans de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, une soirée festive et engagée au Théâtre du Merveilleux. Au sein de ce lieu magique, 12 actes politiques ont été remis aux décideurs publics pour une meilleure intégration des droits de l’enfant dans la politique nationale et internationale de la France. 

Petits et grands, sensibilisés ou non à la cause de l’enfance, ont pris part à une manifestation unique et inédite le 20 novembre dernier au Théâtre du Merveilleux, à Paris. Quelques 150 enfants ont ainsi profité des jeux d’époque présents, assisté à des concerts et ont participé à des ateliers animés par les organisations membres de la Dynamique «  De la Convention aux Actes ». Leur objectif, en cette journée mondiale de l’enfance et date anniversaire des 30 ans de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant ( CIDE) : célébrer les droits de l’enfant. Mais dès 19h, la soirée a pris un tournant plus politique. 

12 Actes pour une meilleure intégration des droits de l’enfant

L’évènement, auquel plus de 700 personnes ont assisté dès 19h, avait en effet pour objectif de remettre aux décideurs publics  un livret de 12 actes. Fruits d’un long travail collaboratif entre les 34 organisations membres et d’une consultation auprès d’enfants et de jeunes, les actes portaient sur 8 thématiques : éducation, santé, précarité, environnement, gouvernance, justice, participation et protection. Leur objectif : sensibiliser, bien sûr, aux droits de l’enfant mais surtout convaincre ministres, secrétaires d’état et parlementaires de l’impérieuse nécessité pour la France d’appliquer les droits de l’enfant, tels que définis dans la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, tant sur le territoire national que via sa coopération internationale. 

Parler d’une voix unique pour l’enfant

« C’est d’une voix unique et forte que les associations membres de la Dynamique appelle le gouvernement à prendre des mesures pour rendre pleinement effectif les droits de l’enfant », a martelé Jérôme Voiturier, Directeur Général de l’Uniopss, membre de la Dynamique. « Nous appelons à une politique globale, transversale et réellement interministérielle de l’enfance afin d’assurer la mise en œuvre effective de la CIDE.  Et pour cause : Geneviève Avenard, Défenseure des Enfants, et Jacques Toubon, Défenseur des Droits, présents à la soirée ont bien rappelé que la réalisation effective des droits de l’enfant nécessitait la participation et l’implication de tous, société civile, certes mais aussi parents, enfants, militants et hommes politiques. Et l’importance est de taille puisque « du respect des droits des enfants dépendra en effet le développement du monde, la construction d’une société plus juste et durable et de l’atteinte d’ici à 2030 des Objectifs de Développement Durable », a souligné Laura Le Floch, Responsable de Plaidoyer du Secours Islamique et membre de la Dynamique. 

 Une remise officielle au gouvernement

Les 12 actes ont ensuite été officiellement remis à des représentants du Conseil Economique et Social, du Ministère des Affaires de l’Europe et des Affaires Etrangères et à M. Adrien Taquet, Secrétaire d’Etat auprès de la Ministre de la Solidarité et de la Santé, venu à soirée de la Dynamique au nom du gouvernement français. « J’ai la conviction qu’une société qui ne sait pas protéger ses enfants est une société qui transige avec ses valeurs fondamentales. Il est essentiel de donner à l’enfant la place qui lui revient dans le contrat social », a rappelé l’homme d’état avant de détailler pour la Dynamique son plan de lutte contre les violences faites aux enfants. Il a conclu en soulignant que « l’enfance devait être prise en compte dans l’ensemble des politiques publiques ». 

Zoom sur l’éducation

Chacun des Actes a ainsi été dévoilé par une association membre et remis, s’ils avaient répondu à l’invitation, à un homme ou une femme politique présent. L’Acte Education, qui constatait le non-respect du droit à une éducation gratuite, publique et de qualité dans le monde mais aussi en France, a également été remis à M. Adrien Taquet.  Les associations membres ont rappelé l’urgence de la situation pour 258 millions d’enfants privés d’éducation dans le monde, dont 100 000 en France. La Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire Elisabeth Borne a elle reçu l’Acte sur l’Environnement, acte demandé expressément par les enfants lors de notre consultation pour la préparation des Actes. 

À quand une mise en œuvre effective ? 

La soirée fut riche en propositions et en engagements. Les membres de la Dynamique mèneront un travail de suivi de mise en œuvre de ces recommandations. Le matin même du 20 novembre à l’UNESCO, Emmanuel Macron avait lui-même souligné l’importance de l’enfant dans nos sociétés et les  nombreux combats qu’il restait à mener pour une application effective de leurs droits, y compris sur le sol français. Il a alors annoncé trois chantiers de taille – Education et accompagnement de la petite enfance, plan contre les violence faites aux enfants et protection des plus jeunes contre les nouvelles menaces numérique- qui devraient selon lui donner lieu à de nombreux rendez-vous de travail au cours de l’année 2020. Le premier ayant été fixé le 26 janvier prochain,  jour anniversaire de la ratification de la CIDE par la France. Espérons que les décideurs publics ne s’en tiendront donc pas aux beaux discours et que d’ici là des mesures seront prises pour rendre les droits de l’enfant effectifs.