L’éducation pour tous : la clef vers un monde meilleur 


« Il y a 63 millions d’enfants exclus de l’école, cela semble insurmontable », a souligné la cheikha Moza Bint Nasser Al-Misnad, Présidente de la Fondation Education Above All en ouverture de la table-ronde qu’elle organisait à l’UNESCO le 28 février 2018 avec Aide et Action International, Humanité & Inclusion, et l’Agence Française de Développement. « Je suis venue ici aujourd’hui pour vous dire que si davantage de champions pour l’éducation se dressaient à nos côtés, ces défis pourraient être relevés. Alors que le monde est en crise, je suis venue vous dire aujourd’hui que si nous voulons combattre tous ces problèmes, l’éducation doit être notre première priorité », a-t-elle ajouté.

« L’Agenda 2030 fixe un programme ambitieux, il nous engage à préparer un monde meilleur. Ce n’est pas une utopie, mais une invitation à l’action, a poursuivi Audrey Azoulay, Directrice de l’UNESCO. « Les 17 Objectifs de Développement Durable »,  a-t-elle ajouté « sont interdépendants mais l’éducation y joue un rôle à part. Elle transforme des vies, elle sauve des vies, elle conditionne en fait la réussite de tous les autres Objectifs de Développement Durable».

L’éducation conditionne la réussite de tous les ODD

Pour quelles raisons ? « C’est très simple », a répondu Qian Tang, Sous-Directeur Général de l’UNESCO pour l’Éducation.« Pour réduire la pauvreté, limiter les maladies, faire reculer la faim dans le monde, il faut des connaissances, des capacités, de la réflexion. Qui pourra nous en donner les moyens ? L’ÉDUCATION. Sans elle nous n’atteindrons pas les ODD en 2030 ».  Seul problème, comme l’a souligné le Directeur Adjoint de l’Agence Française de Développement, Jérémie Pellet : « L’éducation est essentielle en matière de développement mais elle est sous-financée, pas par les pays eux-mêmes, mais par l’aide publique au développement».

L’éducation, parent pauvre de l’aide au développement

Vif paradoxe que celui-là : l’éducation, reconnue par tous comme véritable clef du développement, reste pourtant le parent pauvre de l’aide au développement et des investissements en général. Alors dans ces conditions que faire ? Quelle priorité est aujourd’hui nécessaire pour accroître l’Éducation pour Tous et atteindre les ODD? Faut-il plus de projets multi-acteurs, plus de partenariats ou davantage d’implication des États ? À cette question posée par la Fondation Education Above All aux parties prenantes, donateurs, partenaires et politiques présents, la réponse a été unanime : le partenariat, qu’il soit entre acteurs de développement ou institutionnels, est la clef pour accroître l’accès à l’éducation, notamment pour les populations les plus vulnérables.

Partenariats et implication des États indispensables pour les ODD

« Mettre un enfant à l’école est facile, qu’il y reste est plus compliqué. Pour scolariser 60 000 enfants au Cambodge avec la Fondation Education Above All, Aide et Action s’appuie sur 23 partenaires essentiels. Et la présence de l’État est indispensable à la réussite du projet », a expliqué Jacky Lumarque, Président d’Aide et Action Amérique Latine Caraïbes. Et Manuel Patrouillard, Directeur Général d’Humanité & Inclusion, d’ajouter : « Pour faire en sorte que des enfants handicapés aillent à l’école, nous devons mobiliser au minimum 30 acteurs de chacune des communes concernées».

Qualité et Inclusion: nos deux objectifs

Mais à l’avenir, l’objectif ne doit plus être de scolariser un maximum d’enfants, mais bien de s’attacher à la qualité de l’éducation, a souligné Jacky Lumarque. « L’école peut fonctionner comme un cinéma avec tous les apparats. L’enfant peut passer 6 ans à l’école et ne rien apprendre. Il faut travailler à la qualité de l’éducation, et sur tout le spectre : des curricula à la formation des enseignants ». Un point que Jérémie Pellet a lui aussi rappelé en conclusion de l’événement : « Qualité (notamment la formation des enseignants) et Inclusion (des personnes en situation de handicap mais aussi des filles et des femmes)  seront les deux grands défis à relever pour être au rendez-vous de l’éducation pour tous ».