Un groupe d'enfants indiens

Des enfants paradoxalement heureux de travailler pour aider leurs familles

Publié dans Éducation

« Il est difficile d’encourager les jeunes à quitter la déchèterie où ils travaillent souvent depuis des années », explique l’un des membres de l’équipe Aide et Action International à Ventiane. L’ONG travaille avec l’association locale Peaun Mit en vue d’améliorer les conditions de vie et de santé de celles et ceux qui passent leurs journées à trier les ordures. « Grâce à ce travail, une famille peut gagner jusqu’à 3 millions de kips par mois (environ 300 euros), un revenu considérable par rapport a d’autres professions non-qualifiées qu’on peut exercer à Ventiane. En plus, les enfants sont heureux : ils vivent avec leurs familles, jouent avec leurs voisins et n’ont pas envie d’aller à l’école. Beaucoup d’entre eux ne perçoivent même pas leur situation comme dangereuse pour leur santé.

Un trait récurrent chez les enfants travailleurs puisque à la question « si vous aviez le choix souhaiteriez-vous arrêter de travailler ? », 9 enfants sur 10, interviewés dans le cadre d’une enquête mené par Aide et Action International et l’ONG Impulse dans les mines de Jantia Hills, répondent non. Tous sont unanimes et refusent de quitter les mines. « Bien que très jeunes pour certains, ils ont parfaitement conscience de l’importance de leur salaire pour faire vivre leur famille », explique le rapport « Rathole mining » publié par Aide et Action et l’ONG Impulse. Les 200 enfants qui ont participé à l’étude dans cette région au Nord-Est de l’Inde vivent pourtant un réel enfer au quotidien. Au cœur d’un véritable trafic de dimension internationale, puisque les enfants sont parfois amenés de pays limitrophes, ils sont une main d’œuvre quasi-gratuite, sans protection, droits ou recours.