Un groupe de personnes

Education prioritaire : solution ou échec ?

Publié dans Éducation

Qu’on le veuille ou non, tous les enfants n’ont pas les mêmes chances de réussir à l’école. Si tous ont potentiellement les mêmes capacités d’apprentissages, un enfant né dans un milieu populaire, dont les parents français ou étrangers n’ont pas eu l’opportunité de faire eux-mêmes de longues études, aura moins de chances de réussir à l’école qu’un enfant d’un milieu aisé qui sera accompagné et suivi par ses parents tout au long de sa scolarité.

Sans faire de généralité, les études* montrent qu’un enfant de milieux populaires a plus de difficultés à apprendre à l’école, à fixer son attention et à comprendre la finalité même de ce qu’il étudie. Il voit le travail scolaire comme une tâche à accomplir au plus vite, la note venant clore , telle une sanction, le devoir accompli. Mais celle-ci, quand elle n’est pas à la hauteur de ses espoirs, provoque un fort sentiment d’injustice et le conduit progressivement à l’absentéisme et l’abandon scolaire. Face à cette situation, les enseignants, qui ne reçoivent aucune formation spécifique, n’ont pas toujours les clés en main pour répondre efficacement aux besoins de ces enfants.

La création en 1981 de Zones d’Education dite Prioritaires avec plus de moyens, plus d’effectifs, devait sensiblement faciliter les apprentissages de ces enfants. Résultat : il existe aujourd’hui plus de 1000 ZEP en France. Plus de 500 000 élèves les fréquentent. Pourtant seulement 15% des élèves de ZEP maîtrisent bien ou très bien les compétences générales correspondant aux objectifs des programmes. Hors éducation prioritaire ils sont 25%. Les enseignants ne sont pas les seuls responsables: ils sont pour la plupart nommés en ZEP à la sortie même de l’Université, sans formation particulière et sont confrontés à des publics hétérogènes.

Si la situation des établissements en ZEP est loin d’être idéale, il serait pourtant faux de parler d’échec. Dans certaines situations et grâce à la mobilisation de tous les acteurs éducatifs, de nets progrès ont pu être observés au sein des classes jugées initialement difficiles. Depuis 2008, Aide et Action France intervient dans le Val d’Oise afin de proposer aux enseignants des formations pour améliorer la relation école-famille, souvent source de conflits et d’incompréhension mutuelle.

L’association propose également aux établissement un accompagnement au projet d’école. Un dispositif considéré comme une opportunité d’action pour faire face aux nombreux défis de l’école primaire : enfants en situation d’échec, ouverture de l’école vers le milieu, participation active de l’enfant, développement des innovations pédagogiques, etc..

Outre l’instauration d’un gouvernement scolaire, d’une journée multiculturelle afin de promouvoir les cultures et traditions des élèves, Aide et Action a proposé à l’école Jean-Jaurès, située dans le quartier des Carreaux à Villiers-le-Bel, la création d’un magazine, 100% junior, réalisé par l’ensemble des enfants de l’école. « Nous voulions prouver, sans perdre de vue nos objectifs pédagogiques, que les jeunes beauvillésois étaient capables de mener à bien un projet aussi ambitieux que celui de rédiger ce 24 pages dans le temps contraint d’une année scolaire. C’est chose faite », expliquait Ludovic Tellier, le directeur de l’école lors de la publication du tout premier Magazine 100% Junior. Trois ans plus tard, deux nouveaux numéros ont vu le jour. Les écoliers devenus de véritables journalistes en herbe ont même créé leur propre journal d’école et participent à l’animation du site internet de l’école.

* “Apprendre et enseigner en “milieux difficiles”, Institut National de Recherche Pédagogique,2006