Des femmes étudiantes chinoises

L’échec scolaire vu d’ailleurs

Publié dans Éducation

Abdou Karim Fali, Directeur d’école au Sénégal : « Lorsque le taux d’abandon, le taux de redoublement et le taux d’exclusion pour insuffisance de résultats sont élevés, nous parlons d’échec scolaire. Au Sénégal, les enfants inscrits au collège qui n’atteignent pas le niveau demandé pour aller en classe de 3e sont considérés comme étant en échec scolaire. »

Fabien Petit, Professeur en France : « L’échec scolaire est “fabriqué” en France par cette recherche à outrance de la bonne note, du bon résultat, du diplôme. Un élève qui n’a pas de bonnes notes ou qui n’obtient pas son diplôme est considéré de fait comme étant en échec scolaire. L’action du professeur, mais aussi celle des parents, est donc primordiale. Il faut réussir à orienter l’élève afin qu’il puisse réussir ailleurs que dans un système qui ne lui convient pas. »

Bonaventure Maiga, conseiller au ministère de l’Education de base, de l’Alphabétisation et des Langues nationales (Mali) : « Tout cas d’enfant qui n’arrive pas à terminer le premier cycle de l’enseignement est considéré comme un abandon et/ou un échec scolaire. Les facteurs qui expliquent l’échec scolaire sont de trois ordres :
– Pédagogique : les programmes d’enseignement ne sont pas forcément adaptés aux enfants.
– Culturel: les conditions favorables à la réussite scolaire doivent être réunies au sein des familles.
– Temporel: les enfants ont besoin de temps pour assimiler les cours puis pour les restituer correctement. »

Désiré Philippe Ramakavelo, docteur en sciences politiques, ancien chercheur à l’université (Madagascar) : « L’échec scolaire est dû à l’inadéquation entre les programmes scolaires et les besoins du marché du travail. Beaucoup de diplômés se trouvent au chômage ou de nombreux travailleurs occupent un emploi qui ne correspond pas à leurs qualifications. »

Mme Nesam, conseillère d’éducation et ancienne institutrice à Chennai (Inde) : « Les raisons qui poussent les enfants à quitter l’école sont diverses : les parents ne sont pas toujours conscients de l’importance de l’éducation et, surtout, ils ont besoin du salaire potentiel que leur enfant peut leur ramener. En outre, tout le système éducatif est aujourd’hui centré sur la notation. Si les enfants échouent aux examens, ils perdent toute motivation et décrochent rapidement. Pourtant, abandonner l’école, ce n’est pas simplement se condamner à moins d’éducation. C’est aussi renoncer à quantité d’opportunités et à toute possibilité d’avoir une vie décente. »