Des jeunes qui travaillent en Inde

Travail des enfants : doit-on l’interdire ?

Publié dans Éducation

Si aujourd’hui 215 millions d’enfants travaillent, et souvent désirent travailler, c’est loin d’être par plaisir ou par envie, si leurs parents les incitent à y aller, ce n’est pas non plus parce qu’ils n’ont pas compris l’importance de l’éducation ou les dangers que le travail représente. Non, si les parents mettent leurs enfants au travail, si les enfants eux-mêmes se proposent pour aller fabriquer des tuiles, vendre des objets, ou travailler au champ, c’est parce que de leur travail, de leur revenu, même maigre, dépend leur survie et souvent celle de leur famille.

Interdire à ces familles d’envoyer leurs enfants au labeur ce n’est pas garantir à l’enfant l’accès à l’éducation, à la santé et à l’épanouissement. Au contraire. Décapitalisés, les parents n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants à l’école, mais sans le revenu supplémentaire que les plus jeunes apportent, ils n’ont pas non plus les capacités de les nourrir, de les vêtir, et d’assurer leur survie. Aujourd’hui, dans le contexte de crise économique et financière, d’augmentation du prix des denrées alimentaires, de problèmes environnementaux, il est fort à parier que la situation financière des familles issues des classes pauvres et moyennes risque de s’aggraver, forçant ainsi de plus en plus d’enfants à quitter les bancs de l’école au profit du monde du travail. Ce phénomène n’épargne pas l’Europe. A Naples, en Italie, des milliers d’enfants sont aujourd’hui garçons de café, apprentis pâtissiers, cordonniers ou livreurs, payés entre 5 et 10 euros pour 8 heures de travail. On estime aujourd’hui que 54 000 enfants de la ville, dont 38% de moins de 13 ans, auraient disparu du système scolaire pour intégrer celui du travail illégal et mal payé.

Devant cette réalité, Aide et Action International, association de développement par l’éducation, s’insurge et agit contre l’exclusion, le travail illégal, les abus, la violence faite aux plus jeunes mais accepte l’activité réglementée, encadrée, payée, qui permet aux enfants d’améliorer leur quotidien. Pour eux, Aide et Action International[1] met en place partout où elle le peut, y compris sur les lieux mêmes où travaillent les enfants, des centres d’écoute et d’apprentissage pour rompre le cercle vicieux de la misère et donner aux plus jeunes la possibilité de se construire un autre avenir.

[1] Par ses projets éducatifs Aide et Action International veille ainsi à ce que tous les enfants reçoivent une éducation et renforce par des actions de sensibilisation et de mobilisation la sécurité et la santé sur le lieu de travail pour tous les travailleurs enfants et adultes. Ces deux objectifs sont recommandés par l’OIT dans son Rapport Enfants dans les travaux dangereux. Ce que nous savons, ce que nous devons faire pour lutter efficacement contre le travail des enfants.