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En Inde, Aide et Action veut faire du droit à l’éducation une réalité pour les enfants migrants

Publié dans Actualités

En Inde, près de 100 millions de personnes sont considérées comme des travailleurs migrants saisonniers. Parmi elles, 10 à 15 millions sont des enfants qui se retrouvent en situation d’extrême vulnérabilité. Depuis 2009, Aide et Action travaille activement à la prise en charge de ces enfants et à l’application de leur droit à l’éducation.

En Inde, environ 100 millions de travailleurs migrants, non organisés, se déplacent avec leurs familles des zones rurales vers les zones urbaines, à la recherche d’un emploi et de moyens de subsistance. Les estimations suggèrent que les enfants migrants constituent environ 10 à 15 millions de cette population totale. Le pays dispose d’une série de lois progressistes pour protéger les droits des enfants ; cependant, seuls 48% des enfants indiens bénéficient du service indien de développement de l’enfance. Ce programme gouvernemental fournit des services d’alimentation, d’éducation préscolaire et de soins de santé primaires aux enfants de moins de 6 ans et à leur mère.

Une grande partie de ceux exclus de ces services de base sont les enfants migrants puisqu’ils sont mobiles. Leur expérience en matière de pauvreté et de vulnérabilité est multidimensionnelle et diffère de celle des adultes. Les premières années sont essentielles pour le développement physique et cognitif des enfants et pourtant, en Inde, les moins de six ans sont considérés comme peu prioritaires. En effet, l’État considère que c’est prioritairement aux familles de promouvoir le développement de leurs enfants.

Des conditions de vie alarmantes 

Selon une étude menée en 2013 par le MiRC, l’unité thématique Migration d’Aide et Action, sur les chantiers où travaillent les migrants, il a été constaté que les enfants vivent souvent dans des conditions déplorables. Sur ces sites, les chiffres sont alarmants : 90% des enfants migrants n’accèdent pas au service indien de développement de l’enfance, 65% souffrent de diverses maladies transmissibles, 80% n’ont pas accès à l’éducation et 40% d’entre eux travaillent.

Depuis 2009, Aide et Action travaille activement à la mise en œuvre du droit à l’éducation pour les enfants migrants interétatiques et intra-étatiques. Notre programme s’adresse principalement aux enfants de migrants en détresse qui travaillent dans des briqueteries et des chantiers de construction dans les États de Bihar, Delhi, Madhya Pradesh, Odisha, Tamil Nadu et Telangana en Inde.

Grâce à la mise en place de centres dédiés à la prise en charge de la petite enfance, nous nous efforçons de fournir des services d’accueil ainsi qu’une éducation ininterrompue. Nous promouvons l’apprentissage cognitif et la croissance physique des enfants grâce à l’élaboration de matériels et de programmes adaptés. Au fil des ans, nous avons réussi à faire en sorte que les enfants migrants puissent réintégrer le parcours scolaire une fois de retour dans leurs villages d’origine.

Faire du sort des enfants migrants une priorité

Dans l’objectif de rendre ce dispositif durable, nous avons réussi à forger une collaboration avec les autorités et les communautés qui leur permet désormais d’établir et de gérer directement les centres sur les chantiers. Des efforts ont été déployés pour reproduire les modèles de logements et d’espaces d’accueil pour les enfants mis au point par Aide et Action. Des partenariats ont été établis avec les enseignants, les responsables du service indien de développement de l’enfance, les responsables de la santé et les municipalités afin de connecter les services gouvernementaux et les droits des familles de migrants.

Au niveau politique, nous avons réussi à rédiger et à partager des recommandations avec le gouvernement, les décideurs et les propriétaires des chantiers pour développer un cadre permettant aux familles et aux enfants migrants d’accéder à des conditions de vie décentes, aux services de base et à leurs droits sur les lieux de travail. Des consultations et ateliers nationaux et sous-nationaux ont été organisés pour mettre en avant la problématique et y apporter des solutions. Nous avons également établi des réseaux avec des groupes de défense des droits de l’enfant et des institutions universitaires pour exprimer les préoccupations des jeunes migrants et trouver des solutions politiques.