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En Inde, Aide et Action développe un réseau de bénévoles communautaires pour promouvoir l’inclusion des travailleurs migrants malgré les craintes liées au Coronavirus

Publié dans Actualités

Crédits photo : Aide et Action

Les travailleurs migrants, de retour dans leurs villages d’origines, sont confrontés à la discrimination de la part des membres de leur propre communauté en raison des craintes liées à la pandémie. Découvrez comment le réseau de bénévoles mis en place par Aide et Action travaille avec rigueur pour aider les communautés à surmonter leurs inquiétudes face à la COVID-19 et à promouvoir l’inclusion.

L’apparition de la pandémie de Coronavirus, suivie d’un confinement national, a provoqué une inquiétude et une peur généralisées parmi les travailleurs migrants vulnérables et leurs familles, y compris les enfants. Cela a entraîné une migration inverse massive où des milliers de familles sont retournées dans leurs villages d’origines, dans les circonstances les plus difficiles. Mais le sort des travailleurs migrants s’est encore aggravé à leur arrivée, lorsqu’ils ont dû faire face à la discrimination et à l’ostracisation de la part des villageois qui les soupçonnaient d’être porteurs potentiels de la maladie.

Une belle opportunité d’entraide

Pour mettre fin à cette situation, Aide et Action a créé un réseau de volontaires communautaires couvrant 190 villages dans les districts de Balangir, Bargarh et Nuapada, en Odisha. « Quand on m’a demandé de me porter volontaire pour aider mes co-villageois avec des informations relatives à la COVID-19, j’ai rapidement accepté. J’ai pensé que c’était une bonne opportunité pour moi de faire quelque chose productif pendant la période de confinement », déclare Kabita Patel, un volontaire de 19 ans. 

Actuellement, le réseau compte 500 bénévoles. Tous ont reçu une formation sur leurs rôles de base, pendant et après le confinement, par téléconférences. Ils ont été sensibilisés aux messages spécifiques développés par le gouvernement, aux normes de distanciation sociale, et à l’identification des problèmes rencontrés, tant par les familles de travailleurs migrants laissées-pour-compte, que par les habitants des villages ciblés. Le réseau a également joué un rôle actif dans l’identification et l’assistance de 10 000 travailleurs migrants bloqués dans d’autres États et les a aidés à s’inscrire sur le portail gouvernemental d’Odisha afin d’être rapatriés en toute sécurité.

Garantir la paix et l’inclusion

Étant donné les risques accrus auxquels sont exposés les enfants pendant la crise, les volontaires sont amenés à rester vigilants sur la protection de l’enfance. Ils se concentrent sur l’identification des enfants les plus à risque de violence et d’abus sexuels, en particulier les filles. Ils se focalisent également sur la résolution des problèmes liés au travail des enfants en raison de la perte de revenus des ménages et sur le danger des mariages précoces.

De plus, les conflits et la stigmatisation associée au Coronavirus créant des tensions parmi les villageois, le réseau de volontaires a mis en place des comités de paix pour la résolution instantanée des conflits. Il existe plusieurs cas où les comités de paix sont intervenus avec succès et ont résolu des problèmes communautaires. « Nous étions confrontés à d’importants défis face à la rivalité croissante entre les villageois, mais nous avons pu résoudre de nombreux problèmes et promouvoir l’inclusion parmi les membres de la communauté, explique Prahllad Padhan, bénévole à Balangir. Par exemple, nous sommes intervenus pour convaincre une travailleuse migrante de se soumettre à une quarantaine institutionnelle et avons ainsi mis fin au boycott social de son village. 

Jusqu’à maintenant, le réseau a pu mettre en relation 2 500 travailleurs migrants avec le programme d’emploi salarié rural, 6 700 ménages avec le système de distribution public, 4 960 enfants avec le programme de repas du midi et 5 200 enfants avec le programme intégré de développement de l’enfance.