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Inégalités : la lutte doit s’intensifier

Publié dans Actualités,Plaidoyer

Crédit photo : @Vincent Reynaud-Lacroze

760 millions de personnes vivent aujourd’hui avec moins d’1, 90$ par jour tandis que les 26 personnes les plus riches détiennent autant d’argent que les 3.8 milliards de personnes les plus pauvres. Nul ne pourra aujourd’hui le contester : les inégalités explosent partout dans le monde, y compris dans les pays développés, y compris en France. Inégalités économiques, sociales, scolaires, de genre… elles gangrènent toutes les sphères de la société et de la vie quotidienne, nourrissent clivages et discordes et menacent la paix et la construction d’un monde plus juste et durable.

Bon nombre de chefs d’État et d’organisations internationales ont affirmé vouloir lutter contre ces inégalités et ont fait le serment de les réduire au plus vite. Point culminant de ces engagements : l’adoption en 2015 par 195 chefs d’États des 17 Objectifs de Développement Durable, dont l’Objectif 10 visant à éradiquer les inégalités d’ici à 2030. Objectif rappelé en France cette année par Emmanuel Macron, qui a choisi d’en faire le thème phare du G7 dont la France assure la présidence en 2019.

Mais, au-delà des beaux discours et des effets d’annonce, qu’en est-il réellement ? Quelles actions ont été mises en œuvre pour réduire les inégalités et sont-elles véritablement efficaces ?

Des promesses vaines

L’adoption des Objectifs de Développement Durable a sans aucun doute été l’occasion d’une réelle prise de conscience de l’explosion des inégalités dans le monde. Face à un tel enjeu, il eut été facile de mettre en place des indicateurs ambitieux avec l’obligation de les atteindre année par année et d’y associer les moyens adaptés. Or il n’y a jamais eu d’indicateurs précis et mesurables. Si la lutte contre les inégalités est réaffirmée par tous, la marche des progrès pour les atteindre, elle, est absente.  Résultat : depuis près de 5 ans, la réduction des inégalités est au point mort. Les beaux discours entendus depuis le début du G7 en France peinent eux aussi à convaincre qu’une réelle dynamique est en marche pour éradiquer les inégalités. Les pays du G7, qui représentent près des ¾ de l’aide au développement mondial, n’ont pour l’heure pas annoncé d’initiatives fortes pour augmenter ou rediriger l’aide au développement envers celles et ceux qui sont le plus vulnérables. La rencontre Ministérielle éducation et développement qui a eu lieu le 4 et 5 juillet dernier a certes placé la région du Sahel au cœur des discussions et a donné lieu à plusieurs communiqués des pays du G7 sur le financement du développement durable et la lutte contre les fragilités. Mais les engagements sont une fois de plus exemptés de tout objectif chiffré ou de date et laissent craindre qu’ils ne dépassent pas le stade de promesses.

L’éducation, clef de voûte de la lutte contre les inégalités

À Aide et Action, nous attendons notamment des leaders du G7 qu’ils allouent 15% de l’APD et 4% de l’aide humanitaire au secteur éducatif, en mettant la priorité sur un apprentissage gratuit, de qualité et transformateur des rapports sociaux de genre. Car nous sommes convaincus que la lutte contre les inégalités, priorité absolue de ce siècle, passe avant tout par une amélioration de l’accès et du maintien à l’éducation tant pour les filles que pour les garçons. Si tous les enfants du monde apprenaient à lire et à écrire, 171 millions de personnes sortiraient alors de la pauvreté extrême. Plus besoin aujourd’hui de démontrer les impacts et les bénéfices de l’éducation sur la santé, la nutrition, la pauvreté, la croissance,  et la construction d’un monde juste et durable… Alors pourquoi attendre, pourquoi se contenter de beaux discours quand il suffit de rendre l’école gratuite et accessible à tous pour que les inégalités diminuent. 262 millions d’enfants sont aujourd’hui privés d’éducation, 399 millions vont à l’école sans rien apprendre faute de matériels et d’enseignants qualifiés. Il est temps d’agir pour que ces générations ne soient pas sacrifiées.