L’offre éducative trop limitée

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À Aide et Action, nous n’aidons pas les populations. Nous les accompagnons. Cette différence réside dans notre volonté de les rendre autonomes plutôt que de faire à leur place. C’est pour cela qu’au Sénégal, comme ailleurs, nous nous efforçons de soutenir les habitants en agissant pour eux, avec eux et sur le long terme.

Prendre en charge la petite enfance

Au Sénégal, la Petite Enfance a été jusque-là largement ignorée. Les écoles maternelles, ou cases des tout-petits, comme elles sont appelées localement, manquent cruellement sur le territoire. C’est pourquoi, Aide et Action, pour qui ce domaine est une priorité, améliore la situation en construisant des structures adaptées et en sensibilisant les communautés. C’est ce que nous faisons à Diogo, par exemple, à 150 kilomètres au nord de Dakar, la capitale.

La prise en charge de la petite enfance est vraiment une faille dans le système éducatif du Sénégal, explique Pape A. Faye, enseignant et directeur de la case des tout-petits de Darou Khoudoss, construite par Aide et Action en 2014. Avant, il nexistait rien dans la commune pour accueillir les enfants âgés de 3 à 6 ans. Aujourd’hui, nous comptons pourtant plus de 130 élèves et plus d’une centaine d’enfants supplémentaires voudraient s’inscrire, mais nous manquons de place. »

Une offre insuffisante et pénalisante

En effet, l’offre en termes de préscolarisation est très insuffisante au Sénégal. Malgré des efforts du gouvernement, à peine 20% des enfants se rendent à l’école maternelle.

Il y a pourtant une différence notoire entre ceux qui ont fréquenté la case et les autres. Les enfants qui ont pu venir ici font toujours partie des premiers en primaire ; ils ont l’occasion de se familiariser avec l’autorité et la vie en classe », précise le directeur.

Mais visiblement, ces arguments ne suffisent pas. Dans cette région du Sénégal, le travail des enfants est un fléau particulièrement présent et pour beaucoup de parents, l’école ne fait pas le poids face aux difficultés financières.

Le taux de scolarisation dans cette zone ne dépasse pas les 35% », regrette Pape A. Faye. L’école est concurrencée par le maraîchage, où l’on emploie très souvent les enfants. »

Bien que l’école soit gratuite, les frais de scolarité (1000 Francs CFA/ mois, soit 1,50 euro) sont parfois un obstacle suffisant pour les familles qui renoncent à ce sacrifice qu’elles estiment, à terme, peu payant. C’est là que réside une grande partie du travail d’Aide et Action : sensibiliser les communautés à l’importance de l’éducation préscolaire.

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