Logo du Conseil National de l'Evaluation du Système Scolaire (CNESCO)

La France championne, mais…

Publié dans Actualités,Éducation

En France l’éducation civique est enseignée durant 12 ans en continu, (Eurydice, 2012) ce qui en fait le pays européen avec le plus d’heures de cours garanties dans ce domaine. Mais le rapport du CNESCO (Conseil national d’Evaluation du Système Scolaire) dénonce le fossé existant entre la théorie et la pratique.

 

Premier écueil, les heures d’éducation à la citoyenneté sont intégrées aux heures d’histoire-géographie et pour finir le programme les enseignants viennent souvent « piocher » dans la réserve d’heures d’éducation civique. Le nombre d’heures n’est donc pas toujours respecté. Au lycée général, une demi-heure par semaine doit être consacrée à cet enseignement. Mais en lycée professionnel, ou technologique, les heures sont soit partagées avec d’autres matières, soit tout simplement non indiquées. « La comparaison européenne montre que souvent les filières d’élite sont mieux pourvues en enseignement citoyen que les filières moins favorisées aux publics plus démunis socialement, contribuant certainement à construire des inégalités de socialisation politique (absentéisme électoral…) selon le diplôme. » indique le rapport.
Le CNESCO dénonce aussi la manière dont sont réalisés ces cours. Par manque de formation notamment, les enseignants se contentent de cours magistraux, exposant les différentes institutions, ou encore les droits du citoyen. Mais « les projets citoyens d’établissement cohérents sur le long terme (…) demeurent peu nombreux. C’est souvent dans le cadre de crises (violences à l’école, grand débat national…) que les équipes des mobilisent », regrette le CNESCO.
Pourtant, comme le confirment de nombreuses études (notamment celles compilées par David E Campbell), les projets et débats citoyens à l’école donnent de meilleurs résultats que les cours « traditionnels » en termes d’engagement des jeunes. Ainsi, il a été constaté que des indicateurs comme la participation associative, la participation électorale, la croyance dans les institutions ou la tolérance pour l’altérité ont été renforcés positivement par ce type d’enseignement qui place le jeune dans une posture active.