Le secteur informel prend de l’ampleur

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Une langue d’enseignement inappropriée

Un autre problème majeur de l’offre éducative au Sénégal concerne la langue d’enseignement. Dans les écoles classiques, celui-ci est dispensé en français alors que ce n’est pas la langue maternelle des enfants. Les élèves se retrouvent alors contraints d’apprendre dans une langue qu’ils ne maîtrisent pas et ne sont pas en mesure de s’approprier les bases.

Face à ces difficultés, en 2005, l’État sénégalais a initié une politique d’expérimentation de l’introduction des langues nationales dans les établissements, mais celle-ci n’a pas remporté un franc succès.

Un poids de la religion important

En réalité, les familles semblent de plus en plus vouloir extraire leurs enfants du système classique pour des raisons culturelles ou religieuses. La population du Sénégal étant à 95% musulmane, beaucoup de parents réclament un enseignement religieux et en arabe. Un nombre croissant d’enfants se dirige alors vers le secteur informel. Un acte non sans conséquences.

Les daaras traditionnels (écoles coraniques) sont très fermés, ils s’emploient exclusivement à apprendre le Coran aux jeunes, explique Hamidou Soukouna, Directeur Pays Sénégal, Aide et Action Afrique. Le système est tenu par des groupes religieux et beaucoup de dérives existent telles que l’exploitation des enfants et leur maltraitance. Malgré tout, ces structures correspondent à une demande de la population ; c’est pourquoi il ne faut pas les négliger. »

Pour tenter de maîtriser le phénomène, l’État essaye progressivement de rentrer au sein des daaras pour contrôler ce qui s’y passe et surtout pour y intégrer un programme d’éducation de base afin d’en faire de véritables alternatives éducatives. C’est certainement ce modèle de « daara moderne » qui deviendra majoritaire d’ici quelques années. En parallèle, l’arabe sera de plus en plus dispensé dans les écoles classiques afin de répondre aux besoins de la population.

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