Les 4 enfants, héros du film Le Grand Jour

L’éducation: ça ressemble à quoi en Mongolie, en Ouganda, en Inde, et à Cuba?

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Jeune héros cubain du film de Pascal Plisson L’éducation pour tous existe…. à Cuba

L’Etat cubain est loin de s’apparenter à un état démocratique et les droits de l’homme n’y sont guère respectés. Pourtant force est de constater qu’en matière d’éducation pour tous, l’île des Caraïbes atteint des résultats inégalés y compris par rapport aux pays les plus développés. Aujourd’hui, à Cuba, tout le monde sait lire, écrire, compter, des enfants aux vieilles personnes en passant par ceux qui vivent dans les zones les plus reculées. Le pouvoir cubain consacre plus de 11% de son budget à l’éducation, contre 6% en Finlande et à peine 2% aux Etats Unis. Résultats : les écoles, toutes publiques, sont gratuites. De la maternelle à l’université, en passant par les écoles de médecine. Le taux d’abandon scolaire est proche de zéro alors qu’il approche 30% dans la plupart des riches nations. Les enseignants sont bien formés, admirés, respectés. Le 22 décembre, journée des enseignants à Cuba, est une véritable fête. Les enseignants sont félicités et remerciés pour leur engagement cadeau à l’appui. Les arts, la musique et l’éducation physique sont au coeur des enseignements. On ne parle pas de compétition entre les enfants, mais d’émulation.

 

 

Jeune héros Ougandais du film de Pascal Plisson Une éducation médiocre mais facteur de paix en Ouganda

L’Ouganda est un pays d’Afrique de l’Est, bordé par la Tanzanie, le Rouanda et la République démocratique du Congo. Il compte plus de 26 millions d’habitants dont un bon tiers vit sous le seuil de pauvreté. Selon les Nations Unies, le pays traverse une crise politique et sociale des plus graves. L’éducation n’a pas toujours été accessible en Ouganda puisqu’en 1985, seuls 2 millions d’enfants allaient à l’école contre 6 en 1999. A l’origine de cet accélérateur : la loi rendant l’école primaire gratuite dès 1997. La soudaine démocratisation de l’accès à l’école primaire a posé de nombreux problèmes en termes d’infrastructures, de matériels et d’enseignants. Résultat : l’éducation dispensée est souvent de qualité médiocre, les enseignants sont peu qualifiés et rares sont les enfants à terminer le cycle d’étude primaire. Il faut dire qu’apprendre dans des classes qui comptent entre 70 et 150 enfants n’est pas tous les jours facile. Pour toutes ces raisons, l’accès à l’enseignement secondaire, d’une durée de 6 ans, est lui aussi très limité. Dans le nord du pays, en proie à de nombreux conflits, l’éducation est un facteur de paix et de retour à la vie normale essentielle.

 

 

Jeune héroîne Mongole du film Pas toujours facile d’aller à l’école en Mongolie

 

Un tiers des Mongols sont des nomades. Bordée au nord par la Russie et au sud par la Chine, la Mongolie possède le plus faible taux de densité de population au monde, avec seulement 2,8 millions d’habitants. Un tiers de la population vit en-dessous du seuil minimal vital. Cette situation préoccupante est accrue par les disparités entre les zones rurales et urbaines. Les  enfants mongols souffrent directement des conséquences de ce manque de ressources notamment  dans les domaines de la santé, l’alimentation, l’hygiène ainsi que de l’éducation.

En Mongolie, l’école est gratuite et obligatoire, mais on constate encore de nombreux problèmes.

– de nombreux enfants, vivant en zone rurale, sont encore privés d’éducation par manque d’infrastructures et d’enseignants.

–  une grande sous représentation des garçons à l’école. Ces derniers arrêtent très tôt leur scolarité. La tradition veut que les garçons arrêtent très tôt leurs études pour se mettre à travailler.

– la persistance des châtiments corporels dans les écoles. Ce type de punition est encore souvent pratiqué par les enseignants et a des conséquences néfastes sur la santé physique et psychique des enfants

– le travail des enfants : près de 20% des enfants travaillent en Mongolie. Ils sont employés dans des milieux dangereux, notamment le secteur des mines et le commerce de l’or.

– les enfants des rues : le nombre d’enfants vivant dans les rues est en constante augmentation e. Dans  la capitale, on dénombre 400 000 enfants des rues, qui luttent jour et nuit pour manger et se loger. Ils sont exploités, abusés économiquement ou même sexuellement.

 

 

Jeune héroïne indienne du film Le succès des écoles privées en Inde

L’Inde compte plus d’ 1.2 milliard d’habitants, dont un tiers vit sous le seuil de l’extrême pauvreté. L’Inde a longtemps eu un système éducatif de la Gurukula dans lequel celui qui voulait étudier allait chez un professeur (gourou) et demandait à recevoir son enseignement. Si le gourou acceptait de le prendre comme élève, il venait habiter chez le gourou et aidait à tous les travaux de la maison. Non seulement cela créait un lien très fort entre le professeur et l’élève, mais cela apprenait à l’élève tout ce qui concernait la tenue d’une maison. Le gourou enseignait tout ce que l’enfant avait envie d’apprendre, du sanskrit aux écritures saintes, et des mathématiques à la métaphysique. Le système scolaire moderne fut introduit en Inde en 1830. Aujourd’hui, l’école est  gratuite et obligatoire pour les enfants de 6 à 14 ans. La qualité de l’environnement scolaire s’est nettement améliorée au cours des dernières années : les enfants ont accès à l’eau potable, aux latrines et ont souvent un repas à midi. Néanmoins, on compte encore entre 70 et 80 millions d’enfants en âge d’être scolarisés qui ne vont pas à l’école et qui travaillent.

37% des adultes sont analphabètes, dont la moitié sont des femmes.

Au cours des dernières années, les taux d’inscription dans l’enseignement privé ont très rapidement augmenté, passant de 18,7% en 2006 à 28,3% en 2012. A ce rythme, près de 50% des enfants d’âge scolaire pourraient être scolarisés dans des écoles privées d’ici 2018. Ces écoles sont très bonnes mais elles sont aussi très chères.

Le succès de l’école privé, en dépit de son coût, résulte de la très mauvaise éducation dispensée dans les écoles d’état : le taux d’absentéisme des enseignants y est énorme et les supports pédagogiques quasi inexistants. En 2012, moins de la moitié des enfants scolarisés en 5ème année du primaire pouvaient lire un texte calibré pour des enfants de 2ème année du primaire.