Madagascar : l’éducation en déroute

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« Depuis 2007, Aide et Action a mené un projet de construction de 200 écoles dans les zones reculées des régions Diana, Atsimo Andrefana, Anosy, Androy, Menabe et Analamanga, en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale. Il ne s’agissait pas uniquement de construire des écoles mais de responsabiliser la communauté locale, notamment les parents et acteurs de l’éducation, à ce qu’ils puissent être les maîtres d’ouvrage. Elle s’occupe donc de toute la gestion du fond, allant du choix de l’entreprise de construction au maintien des bâtiments. Il faut que la communauté se sente responsabilisée. Nous étions conscients qu’il fallait travailler avec l’État, pas faire le travail à sa place. Nous avons donc continué de collaborer avec le ministère en construisant une trentaine d’écoles aux normes depuis 2016. » explique Jimmy Rabenantenaina, Directeur national d’Aide et Action International à Madagascar, dans une interview accordée au magazine économique l’Eco Austral.

Des classes surchargées, des enseignants mal recrutés

Le directeur national d’Aide et Action y livre une analyse détaillée de la situation de l’éducation à Madagascar. En dépit d’un investissement de 850.51 milliard d’ariary (plus de 2 millions d’euros) en 2016, l’éducation à Madagascar reste problématique. Le taux de scolarisation demeure faible (autour des 75% depuis la crise politique de 2009) et la qualité de l’enseignement précaire. Les classes sont souvent surchargées et les établissements dans un état précaire. Enfin, la majorité des enseignants sont des maîtres FRAM, soit des professeurs recrutés et payés par les communautés elles-mêmes. Ils n’ont pas toujours la formation ni les diplômes adéquats et sont peu voire pas payés, ce qui engendre des grèves à répétition.

Une refonte de l’éducation attendue

« Il faudrait des actions plus pragmatiques, comme instaurer des orientations scolaires dans les institutions publiques pour accompagner les élèves dans leur choix de vie. Il faudrait aussi créer des centres spécialisés adaptés au pays, comme un centre sur les métiers liés à l’agriculture, l’environnement, ou encore la transformation des produits locaux. », préconise Jimmy Rabenantenaina avant de revenir sur le premier plan sectoriel 2018-2022 lancé par le gouvernement malgache pour refondre l’éducation fondamentale.

Ce dernier rassemble onze défis du préscolaire à l’enseignement supérieur, en passant par l’éducation primaire, la formation technique et professionnelle. Au total 20% du budget de l’état seront utilisés pour l’application de ce plan. Parmi les résolutions, on peut citer l’adoption d’un nouveau calendrier scolaire, la valorisation du métier d’enseignant, le civisme etc.