Un groupe d'enfants

« L’éducation n’est plus un rêve »

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« Ce n’est plus un rêve. J’ai appris à lire, écrire et compter en seulement 5 mois. », explique Marofo, un pêcheur de 52 ans, qui a participé au programme d’alphabétisation pour adultes mené par Aide et Action à Ampampana, une commune rurale de Madagascar. Pourtant le pari n’était pas gagné. Difficile en effet pour des hommes et des femmes, n’ayant parfois jamais mis un pied à l’école, d’apprendre soudainement à lire et à écrire. Un professeur, ils en n’ont que rarement vus, un livre ou un cahier idem. Comment, dans ces conditions pourraient-ils apprendre selon les techniques scolaires traditionnelles et suivre un cours de manière théorique ?

« Les actions d’alphabétisation des adultes, pour réussir, doivent sortir de la standardisation excessive de la plupart des programmes traditionnels d’alphabétisation qui s’appuient sur de simples abécédaires », explique Rivo Randrianatoandro, Responsable de projet pour Aide et Action International à Madagascar, où l’association mène depuis 2006 des programmes d’alphabétisation pour adultes. « Il est nécessaire pour les adultes de prendre en considération les besoins et les réalités locales des groupes d’apprentissages, en leur offrant le pouvoir de s’exprimer ».

Voilà pourquoi Aide et Action a choisi d’utiliser dans ses programmes pour adultes la méthode Reflect ou Regenerated Freiran Literacy through Empowering Community Techniques. Cette approche participative, née des théories de Paulo Freire et de Robert Chambers, consiste à utiliser l’environnement et les faits locaux des apprenants pour faciliter leur apprentissage. Dans ces conditions, la vie du village, l’état des routes, les moyens de transport, les us et coutumes sont autant de sujets qui peuvent servir de matière à la lecture, l’écriture et à l’art de la conversation. Quant à l’enseignant, il laisse sa place à un homme du village, respecté, possédant le minimum de connaissances requises, qui saura susciter l’attention des différents participants et échanger avec eux. Après 5 mois d’apprentissages de base, des sessions d’échanges sont assurées par les Responsables du Développement Educatif.

L’utilisation de cette approche participative contribue de manière significative à lutter contre l’exclusion pédagogique dont sont victimes encore aujourd’hui un grand nombre d’individus. Afin d’alerter les pouvoirs publics et de développer pour tous l’accès à une éducation de qualité, Aide et Action lance en 2012 une campagne nationale contre l’exclusion éducative : « L’éducation exclut aussi. Agissons. »