Une femme au Bénin

Bénin : Une partie de la jeunesse déscolarisée

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« Je vis en milieu rural où beaucoup de jeunes sont déscolarisés et désœuvrés. C’est pourquoi quand Aide et Action m’a proposée de suivre une formation au métier d’éleveur et d’agriculteur, j’ai tout de suite accepté », explique Alice, 18 ans, qui vit à Toffo au Bénin. « Aujourd’hui je suis propriétaire d’une lapinerie. L’élevage de lapins n’est pas facile, beaucoup de gens se lancent mais rares sont ceux qui réussissent. Mais grâce à mon élevage aujourd’hui, je suis une référence au sein du village. Et je sais que, tant que je prendrai des initiatives, que je serai volontaire et engagée, je ne pourrais plus jamais être au chômage. », insiste la jeune femme. Pourtant, comme pour près de 4 enfants sur 10 au Bénin, Alice a du arrêter l’école avant la fin du primaire. Pour elle l’éducation s’est arrêtée en classe de CM1. En cause : le coût des études bien sûr, la distance de l’école par rapport à la maison et, surtout, le sentiment pour ses parents que l’école de toute façon ne menait à rien.

Au Bénin une frange majoritaire de la population est exclue du système formel d’éducation et de formation. L’enseignement, quand il est dispensé, se fait dans des conditions difficiles. Il est souvent peu performant. Résultat : le taux d’abandon scolaire reste très élevé comme le taux de redoublement (14,3% de redoublants en 2008, contre 10% en 2007.). 4 élèves sur 10 seulement terminent le cycle secondaire. Quant à la formation technique et professionnelle, elle reste tout simplement un défi. Les infrastructures et structures existantes ne suffisant pas pour faire face aux besoins croissants de la population.

Présente au Bénin depuis 18 ans, Aide et Action International a développé dès 2008 le projet d’Appui au Développement des Alternatives Educatives (PADAE). Mené en partenariat avec l’Union Européenne , celui-ci a permis de former en trois ans à peine plus de 1 500 jeunes, dont 50% de filles. A celles et ceux, qui étaient jusque là exclus du système éducatif, l’association a proposé de suivre au sein d’un Centre Intercommunal de formations des cursus pour devenir coiffeur, agriculteur, éleveurs ou encore artisans.

Au total, de 2008 à 2011, ce sont près de 600 maîtres artisans qui ont ainsi été formés et diplômés dans les domaines de la coiffure, couture, mécanique deux roues, menuiserie et photographie. En ce sens, les activités mises en œuvre par le projet ont fortement amélioré la situation surtout en ce qui concerne la professionnalisation des formations données dans les centres d’apprentissage.