3 hommes haïtiens

Paroles d’Haïtiens


Juste, Jean, Béatrice, …. Tous ont vécu le séisme du 12 janvier 2010. Pour Aide et Action, ils reviennent sur le drame et nous racontent leurs espoirs. Patrice Dumont et Martine Denis Chandler, étudiants en master de Journalisme à Quisqueya, analysent l’avancée de la reconstruction. Enfin Alain-George Bangoura, Responsable d’Aide et Action à Haïti, dresse le bilan des actions menées par l’association et se projette vers l’avenir.


« Au environ de 16h, j’étais entrain de prendre ma douche. Dès que la terre a commencé à trembler, j’ai couru vers l’extérieur. Ma maison ne s’est pas écroulée mais beaucoup de bâtiments autour de moi se sont effondrés. C’était la première fois que je vivais cela. Après le séisme, les gens n’osaient plus vraiment aller dans les maisons, ils dormaient dehors. Les jours qui ont suivi le séisme ont été des jours de deuil. Tout le monde priait. Dieu était la seule personne que les gens avaient envie de parler. »
Juste Yousten Love Cassagnol, 18 ans de l’école la Rochefoucauld à Léogane.

« Grâce à l’aide d’Aide et Action notre école, celle de la Rochefoucauld, a pu être rebâtie Les gens sont traumatisés et on constate des problèmes chez les élèves ; ils n’étudient plus, ne font plus leurs devoirs, ils ont beaucoup de problèmes pour mémoriser leurs leçons. »
Béatrice Ambroise, directrice adjointe de l’école La Rochefoucauld à Léogane
« Certaines écoles n’ont pas rouvert. Beaucoup d’enfants ne peuvent pas aller à l’école. Les subventions, qui étaient autrefois accordées par l’état n’ont pu être versées. Les parents attendent encore. Le ministère n’est pas de mauvaise foi, mais nous manquons d’argent. Tant que les fonds ne seront pas débloqués, la situation ne changera pas. Notre pays n’avait déjà pas beaucoup de ressources avant le 12 janvier, mais maintenant c’est pire et l’éducation n’a jamais été considérée comme une priorité. »
Jean Odin Duroseau, Membre de la Direction d’Appui à l’Enseignement Privé et du Partenariat, analyse le secteur de l’éducation, durement touché par le séisme, un an après le drame.

« Il faut régler la question du logement. L’épidémie de choléra a montré que les conditions de précarité dans lesquelles vit la population peuvent faire des ravages. De nombreuses personnes habitent encore dans des écoles. Cela a empêché beaucoup d’élèves de retourner sur les bancs scolaires. Il faut trouver des solutions. »
Renan Michel, directeur du bureau des examens des examens officiels, revient sur la reconstruction d’Haïti. 

« Il y a un penseur haïtien qui a dit, je résume un peu, le peuple haïtien, est un peuple qui rie, qui danse et qui pleure en même temps. Ce peuple chante et danse encore. Ce peuple a une résilience qui est unique au monde et son moral est éprouvé mais il n’est pas abattu.»
Patrice Dumont, journaliste à télévision nationale d’Haïti et pour le journal « Le Matin ».
« La population vit sous les tentes. Les gens ont chaud, ne peuvent pas dormir quand il pleut. Ils n’ont pas d’argent pour envoyer leurs enfants à l’école. Vous allez me dire que ça a toujours été le cas, mais maintenant il y a encore plus de personnes concernés.»
Martine Chandler, qui a intégré cette année le Master en Journalisme de l’Université Quisqueya et du CFPJ

« Pouvions-nous laisser des enfants traumatisés sans appuis errer dans les camps de fortune ? Le concept d’urgence en éducation existe : Aide et Action a choisi d’apporter aux enfants sinistrés et à leurs familles les soins de base avec l’appui des étudiants de Quisqueya. Dans le cadre de Nap Vanse, une quarantaine de salles de classes a été reconstruites et nous réfléchissons actuellement avec nos partenaires pour apporter à l’ensemble de la population des solutions innovantes pour reconstruire le pays. »
Alain-George Bangoura, Responsable Aide et Action Haïti.