Parrainage: le projet comme point de départ

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Une vision stéréotypée du parrainage consiste à le voir comme une aide financière auprès d’un enfant, à laquelle on ajouterait une dimension de correspondance. Comme la majorité des ONG,  Aide et Action, a toujours souhaité éviter cet écueil. Pour cela, le parrainage individuel se fait toujours dans le cadre d’un projet. L’enfant parrainé est ambassadeur de sa communauté. Comme le rappelle Meera Shankar, Coordinatrice du parrainage en Asie du Sud, « les enfants ambassadeurs n’ont  pas de privilèges. Ils sont traités de la même manière que les autres enfants. Les bénéfices du projet vont profiter à tous. »

Mais alors, nous  demandent souvent les parrains, comment sont choisis les projets qui accueillent du parrainage ? Et comment sont choisis les enfants parrainés ?

En Inde, Meera nous explique que lors de la mise en place d’un projet, on évalue comment il pourrait accueillir du parrainage. Certains projets, comme de la formation aux adultes, ne permettent évidemment pas  le parrainage d’enfants. D’autres comme ceux qui viennent en aide aux enfants de prostituées sont délicats à gérer. Gagner la confiance de ces acteurs est difficile, et il serait malaisé de mettre en place le parrainage dans ces conditions. Enfin, les écoles sont choisies pour faciliter le suivi : elles sont dans des zones faciles d’accès et proches les unes des autres. Au Niger, Almou Yahaya, responsable parrainage du pays détaille les étapes suivantes. « Une fois les écoles sélectionnées, il faut rencontrer les acteurs, leur donner notre vision du parrainage. Les parents pensent souvent que le parrainage va leur apporter des revenus supplémentaires. Nous leur expliquons que leurs enfants vont correspondre avec des personnes habitant en France ou en Suisse, mais que le projet bénéficiera à tous les enfants. Après, une grande fête est organisée, c’est la « cérémonie de lancement du lien de solidarité ». Les associations de parents d’élèves et les enseignants sont au cœur de la relation car ce sont eux qui organisent les ateliers de correspondance.
En Inde, cette mission est confiée à des volontaires rémunérés, qui ont une formation d’enseignant. Ils le font durant des temps consacrés, en classe ou le soir après les cours. Meera confie : « les enseignants gouvernementaux voient d’un bon œil cette intervention avec leur classe. Ils connaissent les projets d’Aide et Action et soutiennent nos actions. » Enfin, les projets doivent également être mis en place depuis quelques mois, et les activités déjà commencées. Comme nous le confie un chef de projet au Cambodge, « la phase de préparation est essentielle pour la bonne marche du projet, mais si on devait la raconter aux parrains, je pense qu’ils trouveraient ça ennuyeux ! »