Almou et Meera, interview autour du parrainage chez Aide et Action

Parrainage: les parrains et le terrain

Publié dans Actualités,Éducation

 

Le mag : Quel est l’impact du parrainage sur les résultats scolaires et sur les pratiques des enseignants ?

Almou Yahaya : Les conseils et encouragements des parrains peuvent inciter les enfants à s’intéresser davantage à l’école et par conséquent, peuvent les aider à faire des progrès et à avoir de meilleurs résultats scolaires. La correspondance peut être aussi un outil pédagogique pour l’enseignant. En encadrant l’enfant pour lire ou répondre à une lettre du parrain, l’enseignant fait découvrir une autre culture à travers les cartes postales, photos, images. Cela améliore sa propre culture générale et celle de l’élève.

 

Meera Shankar : Les impacts du projet sont les impacts du parrainage et vice versa ! Les parents, eux, voient le changement direct apporté par le parrainage. Parfois ils nous racontent « Maintenant, mon enfant arrive à lire et écrire. » La correspondance permet aussi un partage de culture. Une simple carte postale de la Tour Eiffel peut initier concrètement à un cours sur la France, ses monuments, son histoire…

 

Le mag: Quelle relation avez-vous avec les parrains?

A.Y. : Nous (l’équipe parrainage) servons d’interface entre les parrains et les filleuls. Nous échangeons directement avec eux pour répondre à toutes leurs préoccupations et demandes. La réception des courriers et des colis constitue un moment de joie au sein des écoles. A cette occasion, l’animateur Aide et Action présente les lettres et les colis à un comité composé du corps enseignant et des représentants de l’association des parents d’élèves.

 

M.S. : Nous avons d’excellents rapports. Les plaintes, ne représentent que dix lettres sur plus d’un millier ! Et dans quasiment tous les cas, une fois que l’on répond à leurs questions, les parrains sont satisfaits. En 18 ans, je n’ai eu qu’un seul parrain qui n’était vraiment pas satisfait. Il disait : « je ne vois pas d’améliorations dans les dessins des enfants, donc j’arrête mon parrainage. » C’est dommage, le seul indicateur qu’il avait pris en compte, c’était les dessins. Or il y a beaucoup d’axes de progrès pour les enfants…orthographe, chiffres…

 

Le mag: Et pour les visites, comment cela se passe ?

A.Y. : Aujourd’hui, en raison de problèmes de sécurité, nous n’avons pas de visites de parrains. C’est dommage, j’espère que la situation va bientôt s’améliorer.

Les visites sont des moments de liesse, d’émotion, de retrouvailles, ponctués des cris et des applaudissements des enfants. L’émotion se lit sur les visages des parents et des enseignants. Cela constitue vraiment un moment de fête inoubliable pour le village.

 

M.S : Depuis le début de l’année, 3 ou 4 personnes sont venues. L’Inde est vraiment immense, et les écoles sont éloignées des grandes villes. Il n’est donc pas facile pour les parrains de visiter l’école de leur filleul. On les amène souvent sur des projets plus près.

Ils repartent avec une grande satisfaction en promettant de parler de nos actions, car ils sont impressionnés. Ils nous disent souvent, en souriant : « maintenant, je sais comment est dépensé mon argent ».

 

Le mag: Avez-vous un message à faire passer aux parrains ?

A.Y. : J’adresse à toutes les marraines et à tous les parrains un message de remerciement et de reconnaissance pour leur contribution multiforme au développement de la cause de l’éducation à travers leurs parrainages !

M.S : Ecrivez plus souvent ! Pour que les enfants et les enseignants construisent le lien de solidarité, il est plus facile de voir les visages, de connaître un peu le contexte des parrains…  En plus, un des principes du parrainage, c’est la réciprocité. Or aujourd’hui, nous avons environ 4000 parrainages en Inde, mais nous ne recevons qu’environ 1000 courriers par an. Et ce sont souvent les mêmes qui écrivent. Pour aider les parrains qui ne savent pas quoi écrire, je leur envoie depuis le mois de mai un formulaire type, avec des questions clés qui permettent de se raconter un peu. J’espère qu’ils seront toujours plus nombreux à nous écrire et à venir voir les projets.