Jeune fille en situation de handicap

Parrainage: l’origine du lien

Publié dans Actualités,Éducation

Comme souvent avec les mouvements de solidarité, au commencement du parrainage il y a, malheureusement, un drame humain. L’une des premières formes recensées de parrainage international d’enfants date de 1937. A cette époque, la guerre d’Espagne a débuté depuis peu. A Santander, un journaliste britannique recueille un orphelin qui porte avec la lui cette lettre : « « Voici José. Je suis son père. Santander est sur le point de tomber et je vais être exécuté. Je prie celui qui trouve mon fils de prendre soin de lui comme s‘il était son propre enfant. » Il décide alors de fonder « Foster Parents Plan for Children in Spain » (Plan de familles d’accueil pour les enfants en Espagne) qui deviendra plus tard Plan International. Durant tout le XXe siècle, on assiste à un essor de ces organisations en faveur d’orphelins. Petit à petit, les pays d’intervention sont de plus en plus nombreux. Le parrainage devient un moyen de soutenir moralement et financièrement, non seulement des enfants victimes de guerres mais également des familles dans le besoin.

 

En 1981, Pierre-Bernard Le Bas, un coopérant français de voyage en Inde assiste à la mort d’un jeune garçon dans la rue. Il décide d’agir, et sur les conseils d’un ami, rentre en France pour lever des fonds. Sur le modèle de l’association britannique Action Aid, il fonde Aide et Action. L’association propose alors de parrainer des enfants pour leur permettre d’accéder à l’éducation. Une première école voit le jour dans le sud de l’Inde, puis au Burundi, au Kenya, au Rwanda… Il est déjà convaincu que « la générosité, ce n’est pas créer de la dépendance locale. La plus grande générosité est de savoir se retirer. »

Cette démarche va guider l’action de l’association. Respect, intégrité, responsabilisation et autonomisation, voilà les valeurs qui animent Aide et Action. Dans le parrainage, cela se traduit par la volonté de laisser les enfants au plus proche de leur famille. Si le parrainage permet un lien privilégié avec un enfant, il n’est jamais déconnecté du projet dans lequel il est inséré. Concrètement, cela veut dire que l’action de l’association n’est pas de parrainer pour aider uniquement financièrement un enfant voire une famille, mais d’aider un groupe de personnes, une région, à s’émanciper à travers l’éducation. Le lien de solidarité que constitue le parrainage s’exprime au travers d’un enfant ambassadeur de sa communauté et les dons collectés bénéficient à tous.

Cette approche s’exprime toujours aujourd’hui. Et grâce à ce lien de solidarité, donner pour la cause de l’éducation n’est pas une simple signature apposée sur un chèque, mais un lien unique qui relie des personnes d’âge, de religions, de milieux différents. Comme le dit Pierre-Bernard Le Bas, « les gens ont un besoin fondamental de sens. Il faut donner le sentiment d’appartenance à une structure, à un projet, faire en sorte que les donateurs soient fiers.» Le parrainage est ce lien de solidarité. C’est un cercle vertueux qui renforce l’engagement de tous les acteurs.