Un boom précipité de l’investissement dans l’éducation

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Un budget croissant consacré à l’éducation

Au Sénégal, l’avenir de l’éducation dépend beaucoup de sa prise en compte par les populations ; mais pas seulement. Même si l’État affiche une volonté forte de vouloir améliorer la situation, les habitants, eux, se sentent parfois mal compris et souvent délaissés.

De 2000 à 2015, la mise en œuvre du Programme de Développement de l’Éducation et de la Formation (PDEF) a permis une forte concentration des ressources publiques en faveur du système éducatif. En effet, de 105 milliards de Francs CFA (160 millions d’euros) au début du programme, le budget a atteint 432 milliards de Francs CFA en 2011 (658 millions d’euros), soit un taux d’accroissement moyen annuel de 12,5%.

Mais cet investissement brutal n’a pas eu que des conséquences positives.

Sur cette période, le gouvernement a développé une politique de recrutement massif, explique Abdoulaye Sambe, chef de projet Aide et Action au Sénégal. Des milliers d’enseignants ont dû être rapidement recrutés alors que 30 à 40% d’entre eux n’avaient pas le niveau nécessaire. Il nous arrive encore de passer dans des classes où les professeurs eux-mêmes font des fautes au tableau…Heureusement, le concours s’est complexifié et désormais le niveau est plus élevé, mais ça va encore prendre du temps. »

Investir dans une éducation de qualité, adaptée aux réalités locales

En effet, bien que les élèves soient bien plus nombreux à aller à l’école, ils ne sont pas forcément plus nombreux à bénéficier d’une éducation de qualité. La proportion d’élèves qui maîtrisent les compétences en lecture et en mathématiques au cours des premières années d’études reste très faible.

De plus, les infrastructures, en nombre insuffisant sur le territoire, ont été souvent complétées par des bâtiments précaires ou des abris provisoires ne permettant pas un enseignement de qualité. Cette accumulation d’erreurs, corrélée à un marché du travail en berne, mène de plus en plus de sénégalais dans l’impasse.

Pour pallier cette situation, Aide et Action tente de mettre l’accent sur la formation professionnelle, actuellement très peu développée. Cette filière technique est pourtant un très bon moyen d’offrir une seconde chance à ceux qui ne sont jamais allés à l’école ou à ceux qui ont décroché.

Dans le petit village de Saré Yoba, dans le sud-est du Sénégal, un centre construit par notre organisation en 2012, puis rétrocédé à l’État en 2014, accueille actuellement plus de 50 élèves.

Cette opportunité est arrivée à point nommé dans notre commune, estime Lamine Seydi, adjoint de la direction. Cette structure va contribuer de manière certaine au développement de la région. »

Répondre à des besoins précis

En effet, l’objectif de ces centres est de répondre aux besoins précis du marché du travail local. Par exemple, celui-ci propose des filières coiffure, restauration, habillement et santé-hygiène ; des domaines de qualification qui devraient permettre aux jeunes de s’insérer professionnellement.

D’ailleurs, le centre voit ses effectifs augmenter d’année en année et ses élèves se montrer de plus en plus motivés. Pour le moment, aucun abandon n’est à déclarer et au premier semestre 2017, le taux de réussite était de 100%.

Mais dans une région où l’activité économique est au plus bas et le taux de chômage particulièrement élevé, cette opportunité ne convainc pas encore complètement. Dans la commune, nombreux sont ceux qui restent très défaitistes. Confrontés à des échecs à répétition, beaucoup de jeunes estiment que leur seule chance d’avoir une vie meilleure est de quitter leur pays.

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