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Une soirée de débats pour que les droits de l’enfant deviennent une priorité

Publié dans Actualités

Crédit photo : Damircudic

Le Groupe Enfance, qui rassemble 18 organisations dont Aide et Action, plaide pour que les droits de l’enfant deviennent une priorité de la France. Une soirée d’échanges et de débat était organisée le 6 février dernier pour convaincre nos politiques de prendre conscience de l’importance du sujet !

« Aujourd’hui on parle du genre à tous les niveaux, c’est une priorité transversale de la France, comment faire en sorte qu’il en soit de même pour les droits de l’enfant ? » lance Laura Le Floch, référente Plaidoyer du Groupe Enfance, à une centaine de représentants d’ONGs, de l’Agence Française de Développement (AFD) et du Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères ( MEAE), réunis pour Objectif Enfance 2020. Une soirée d’échanges organisée le 6 février 2020 par le Groupe Enfance avec le soutien de l’AFD sur « les perspectives de la politique internationale de la France en matière de droits de l’enfant ».

La France à la traîne sur les droits de l’enfant

« La France a mené des initiatives sur l’enfance et contribue à la réalisation des droits de l’enfant, mais il n’y a pas de cadrage stratégique… », insiste Laura Le Floch. «  Un exemple parmi d’autres : les droits de l’enfant ne sont pas du tout mentionnés à l’heure qu’il est dans le texte de loi en préparation sur la solidarité internationale ( LOP DSI). C’est une erreur majeure et je demande aux parlementaires d’y remédier ».  Une opinion partagée par Stéphane Durin, Directeur Associé à ENEIS by KPMG qui a mené une étude sur le sujet depuis octobre 2019. « À la question « est-ce que la France renforce les droits de l’enfant au travers de ses programmes ? Nous n’avons pas les outils aujourd’hui pour y répondre. Les droits de l’enfant sont peu pris en compte dans les textes et cadrages de la politique française. Il est pourtant impératif qu’ils deviennent une priorité nationale, que cela se traduise  dans les documents stratégiques et que l’on créé des outils financiers, des indicateurs pour suivre les financements qui ont un impact sur les droits de l’enfant. » « Les résultats de cette étude ne sont pas vraiment une surprise, explique Antoine Boudou, Rédacteur société civile au MEAE. Cet état des lieux n’avait jamais été fait, donc c’est une bonne base de travail. Aujourd’hui le MEAE a réalisé une stratégie « droits humains et développement », c’est un premier pas, un changement de méthode : on passe de la charité à l’approche basée sur les droits. C’est un travail de plaidoyer que l’on porte conjointement avec la société civile et que l’on prendra en compte dans nos politiques d’amélioration… ». La France a donc un peu de travail devant elle pour intégrer totalement les droits de l’enfant. Pourtant, les impacts positifs ne sont plus à démontrer, surtout quand on écoute Chanceline Glawdys Mevowanou, jeune activiste béninoise : « 30 ans après l’adoption de la CIDE, 3 filles sur 10 sont toujours mariées de force avant 18 ans et l’éducation reste encore pour beaucoup un privilège. Si je suis devant vous aujourd’hui, c’est parce que j’ai été formée aux droits des enfants, j’ai rencontré des femmes inspirantes, qui m’ont montré que tout était possible si je me battais pour mes droits. Je fais aujourd’hui la même chose pour d’autres jeunes filles. Le fait est que si on renforce les capacités des enfants, ils peuvent se défendre eux-mêmes, parler en leur nom. La France doit les y aider ».