FMI : L’éducation pour tous est un impératif pour lutter contre les inégalités


L’éducation jusque là souvent laissée-pour-compte des grands débats de ce monde semble être enfin reconnue comme sujet d’envergue. Apres la Banque Mondiale la semaine dernière, c’est au tour d’un autre grand pilier de la scène internationale, le Fonds Monétaire International (FMI), de reconnaître le rôle majeur de l’éducation dans le monde.

L’éducation une arme de poing contre la pauvreté

Dans son rapport annuel publié le 11 octobre, le FMI, qui a annoncé une croissance mondiale en hausse de 3.6% en 2017 et 3.8% en 2018, et alerté chefs d’états et politiciens sur le fait que cette croissance pourrait ne pas être durable, a reconnu l’inégalable capacité de l’éducation à réduire les inégalités et à lutter contre la pauvreté dans le monde. Pour autant, souligne le FMI, l’éducation reste elle-même très inégalitaire dans le monde, y compris dans les pays développés.

Les inégalités en hausse

L’institution financière ne fait pas d’angélisme. Dans une économie de marché, les inégalités sont inévitables. Mais, note l’institution financière, les inégalités ne cessent de croître, (au cours des trois dernières décennies, les seules inégalités de revenus se sont accrues dans 53% des pays), « ce qui est susceptible de compromettre la cohésion sociale conduisant à un affaiblissement de la croissance économique“.

Priorité : offrir à tous la même éducation

Pour réduire ces écarts, le FMI préconise d’améliorer la scolarisation. Or, tous les enfants n’ont pas tous accès à l’éducation, y compris dans les pays riches. L’accès à l’éducation étant encore trop souvent basé sur le statut socio-économique des familles et leurs capacités à mettre leurs enfants dans le privé.

L’argent reste notamment le nerf de la guerre pour la scolarisation des enfants en Afrique Sub-saharienne, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et dans une moindre mesure dans les pays en développement d’Asie, d’Amérique Latine et des Caraïbes. Par ailleurs, les enfants les plus défavorisés, si scolarisés, le sont généralement dans des établissements de moindre qualité et auprès d’enseignants moins bien formés. Tel est également le message délivré par la Banque Mondiale, qui, dans son dernier rapport, consacré pour la première fois à l’éducation dans le monde, “Learning to Realize Education’s Promise”, alerte sur la crise des apprentissages à laquelle le monde doit aujourd’hui faire face.

Améliorer l’accès à l’éducation sans grever les dépenses publiques

L’institution recommande de rendre l’éducation accessible à tous, « sans pour autant grever les budgets des États ». « Les dépenses consacrées à l’éducation représentent plus de 5% du PIB des pays développés et environ 4% du PIB des pays en voie de développement », a expliqué Abdelhak Senhadji, Directeur Adjoint au FMI, soulignant que le FMI ne préconise pas une hausse des dépenses alors que les pays sont confrontés au problème de l’endettement. “Avec l’objectif d’une croissance qui profite au plus grand nombre, nous recommandons une meilleure distribution des dépenses en ciblant les enfants des milieux socialement défavorisés. Il faut être judicieux en ne dépensant pas nécessairement plus mais en dépensant mieux. Les États doivent non seulement évaluer la pertinence des dépenses en matière d’éducation mais encore repenser l’éducation en ayant comme objectif l’équité”, insiste-t-il.

Taxer les revenus supérieurs et mieux redistribuer les richesses

Afin de réduire les inégalités, le FMI a également préconisé d’augmenter les taux d’imposition des personnes les plus riches, affirmant que, contrairement aux idées reçues, cela n’aurait aucun impact sur la croissance économique et permettrait de surcroît de réduire la montée des inégalités.