Aide pour l’éducation : chute libre pour la 6ème année consécutive


 

Un nouveau document publié par le Rapport Mondial pour l’Education montre en effet que l’aide allouée à l’éducation est en baisse, et ce, pour la 6ème année consécutive. Celle-ci a chuté de 4% depuis 2010. À titre de comparaison, le secteur des transports reçoit désormais autant d’aides, voire davantage, que le secteur de l’éducation.

Les Objectifs du Développement risquent de ne pas être atteints

Les pays ayant les plus faibles revenus sont parmi les plus affectés par cette baisse : l’Afrique Subsaharienne, notamment, qui compte près de la moitié des enfants exclus de l’éducation,  a ainsi reçu en 2015 à peine la moitié de l’aide qu’elle avait reçue en 2012. Reste que dans ces conditions, aucun pays à faible ou moyen revenu (même s’ils investissent eux-mêmes dans le secteur de l’éducation) ne pourra atteindre l’objectif d’une éducation universelle d’ici à 2030.

 

(Infographie ci-dessous “Les pays donateurs se détournent de l’éducation”publiée par le Rapport Mondial pour l’Education)

 

Pourquoi une telle baisse?

Le message, porté par les plus grandes institutions, l’Unesco, le Partenariat mondial pour l’éducation, et le fonds Education Cannot Wait, était pourtant clair : sans investissement massif de tous les pays donateurs, les objectifs de développement durable resteront un doux rêve. Pour autant,  les pays donateurs ne semblent toujours pas convaincus de la nécessité d’investir massivement dans l’éducation. Le dernier sommet du G7, qui réunit les principaux pays donateurs à l’éducation, s’est soldé, on le regrette, par une absence totale de références à l’éducation. Pire encore, certains pays à l’instar des États-Unis et du Royaume-Uni, n’ont pas hésité à coupé leurs aides à l’éducation, respectivement de 11% et de 9% entre 2014 et 2015.

Les chefs d’État doivent repenser leurs priorités

Force est de constater que les chefs d’État ont d’autres priorités. Avec en arrière-plan la crise des réfugiés. Beaucoup ont préféré investir massivement dans l’aide globale au développement et privilégié ainsi l’accueil des migrants sur le sol national, les pays étant en effet autorisés à déclarer les dépenses pour l’accueil des réfugiés au titre d’aide globale au développement. Cet investissement, aussi utile et pertinent soit-il, n’agit cependant pas sur les conditions de vie des populations dans les pays où l’aide est pourtant la plus nécessaire.

L’éducation: une urgence incomprise

Le nouveau document publié par le Partenariat Mondial pour l’Education tire également la sonnette d’alarme en matière d’aide apportée à l’éducation en situation d’urgence. A fin 2015, on comptait 65 millions de déplacés dans le monde, soit le plus haut niveau depuis la seconde guerre mondiale. Pour autant, l’éducation en situation d’urgence n’a reçu que 2.7% sur un total de 19.7 milliards de dollars d’aides humanitaires.

Au vu d’un bilan si peu glorieux et des enjeux auxquels le monde doit désormais faire face, il semble urgent et nécessaire que les chefs d’État repensent leurs priorités alors qu’approche le sommet qui réunira les 20 pays les plus puissants du monde les 7 et 8 juillet prochain.