Éducation: La Conférence de Financement du Partenariat Mondial, c’est quoi ?

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Le Partenariat Mondial pour l’Éducation, c’est quoi ?

Le Partenariat Mondial pour l’Éducation (appelé  PME ou GPE en anglais pour Global Partnership for Education) est l’un des bailleurs de fonds les plus importants de l’éducation de base dans les pays à faible revenu. Créé en 2002 , il mobilise des fonds auprès de grands pays donateurs comme la France, l’Union Européenne ou le Royaume-Uni, et de sources privées du monde entier. Parallèlement, il encourage les pays à faible revenu, où il intervient, à dédier une part suffisante du PIB à l’éducation. Dans les seuls pays partenaires du PME, il y a aujourd’hui 72 millions d’enfants scolarisés supplémentaires par rapport à 2002.

La Conférence de Financement (ou Refinancement), c’est quoi ?

Les 1er et 2 février 2018 se tient à Dakar la Conférence de Financement du Partenariat Mondial pour l’Éducation. Elle sera pour la première fois co-présidée par un pays donateur, la France, et un pays en développement, le Sénégal. Le but de cette conférence est de garantir pour les années à venir les ressources du Partenariat Mondial pour l’Éducation. En bref, de financer l’avenir de l’éducation dans le monde.
La première journée sera consacrée à des conférences et échanges d’experts. Au cours de la deuxième journée, les pays donateurs, parmi lesquels la France, annonceront leurs promesses de don. Les experts de l’éducation estiment que l’organisation a cette fois besoin de financements à hauteur de 2 milliards d’euros par an d’ici 2020. Ce montant lui permettra d’améliorer les résultats scolaires et l’équité pour 870 millions d’enfants vivant dans 89 pays.

 Pourquoi est-ce si important ?

« Nous attendons près de 1 000 dirigeants concernés et dotés de pouvoir, ainsi que des défenseurs de l’éducation, notamment plusieurs chefs d’État, des ministres d’États donateurs, plus de 50 ministres de l’éducation du monde entier, les dirigeants de l’UNICEF, l’UNESCO, UNAIDS, la Banque mondiale et d’autres banques de développement, les représentants d’organisations de la société civile partenaires, des ambassadeurs de la jeunesse et des PDG du secteur privé. Leur présence enverra au monde un signal fort : nous voici réunis pour résoudre pleinement la crise de l’éducation. » écrit Alice Albright, Présidente du Partenariat Mondial pour l’Éducation.

La conférence de financement du PME intervient en effet dans une période difficile pour l’éducation dans le monde. L’aide internationale à l’éducation n’a eu de cesse de baisser au cours de la dernière décennie, au point de perdre 4 points en 6 ans. Les fonds alloués au Partenariat Mondial pour l’Éducation ont également baissé au cours des dernières années.

En 2014, lors de la précédente conférence de financement du PME, de nombreux pays donateurs s’étaient engagés à verser des sommes importantes, mais beaucoup n’ont pas tenu leurs engagements comme le souligne Carole Coupez, déléguée à l’éducation, la citoyenneté et la solidarité chez Solidarité Laïque et chef de file de la Coalition Éducation, dans une tribune publiée sur le blog « Idées pour le Développement » (animé par l’Agence Française de Développement) avant d’ajouter : « La conférence de Dakar peut être un moment clé pour créer un leadership mondial de l’éducation, comme cela s’est passé pour le secteur de la santé dans les années 1990-2000 ou dans le secteur du climat plus récemment. Elle est également une occasion singulière pour Emmanuel Macron de concrétiser de façon « sonnante et trébuchante » ses paroles et de porter de façon visible cette priorité sur la scène internationale. »

Une opportunité pour la France d’être à la hauteur du développement

En acceptant de co-présider la conférence de financement, pour la première fois de l’histoire aux côtés d’un pays en développement, Emmanuel Macron a endossé par rapport à la communauté internationale un rôle de leader face au défi de l’éducation pour tous. ONG et experts attendent aujourd’hui du président qu’il redresse la barre de l’aide à l’éducation française et qu’il annonce un montant conséquent pour le Partenariat Mondial pour l’Éducation. Pour rappel, la France n’a rien donné en 2014, à peine 1.1 million de dollars en 2015. En 2016, elle ne lui a alloué que 8.4 millions de dollars, une somme dérisoire par rapport aux besoins et aux contributions des autres pays donateurs, à l’image du Royaume-Uni (136.8 millions dollars) ou de la Norvège (58.1 millions dollars).