Conférence du PME : L’éducation pour tous réaffirmée comme priorité politique et économique par tous les pays


Plus de 10 chefs d’états et gouvernements, une centaine de ministres et plus de 1200 défenseurs de l’éducation, représentants de la Banque Mondiale, de l’UNESCO, de l’UNICEF ont participé les 1 et 2 février à la conférence mondiale pour le Partenariat Mondial pour l’éducation. Cette dernière fut un succès au-delà de toutes espérances.

Certes l’objectif des 3.1 milliards de dollars n’a pas été atteint, mais les contributions ont néanmoins battu des records : les pays développés et donateurs ont annoncé 2.3 milliards de dollars de  contributions, soit nettement plus que les 1.3 milliards contribués au cours des trois dernières années. La France, avec 240 millions de dollars, a multiplié par plus de 10 sa contribution, et la France se place dans le classement des quatre plus importants contributeurs au PME aux côtés de l’Union européenne (287 millions d’euros), du Royaume-Uni (254 millions d’euros) et de la Norvège (210 millions d’euros) pour la période 2018-2020. Les pays en développement restent néanmoins les plus gros contributeurs, puisque 50 d’entre eux ont annoncé qu’ils augmenteraient la part de leur budget allouée à l’éducation, soit une contribution totale de 110 milliards, contre 80 milliards entre 2015 et 2017.

Un soutien sans précédent

« Ce soutien sans précédent signifie que le PME va poursuivre son action envers les enfants les plus vulnérables et marginalisés et va travailler pour accroître son aide à 89 pays, qui abritent 870 millions d’enfants et 78% des enfants non-scolarisés dans le monde », a insisté Alice Albright, Directrice Générale du Partenariat Mondial pour l’Education. Julia Gillard, Présidente du PME a félicité la générosité et la détermination de toutes les parties prenantes et s’est réjouie de voir en cette conférence « un point tournant » dans le soutien politique mondial au financement de l’éducation. « Après les engagements d’aujourd’hui,  nous voyons une nette tendance à prendre au sérieux la crise mondiale de l’éducation et des apprentissages », a-t-elle ajouté.

Un engagement financier et politique

Car au-delà des seuls engagements financiers, la conférence du PME a surtout été l’occasion d’affirmer sur la scène internationale un engagement et une détermination politique à offrir à chaque enfant l’éducation qu’il mérite. Les chefs d’états et ministres, qui se sont succédé sur l’estrade du Centre International de Conférence d’Abdou Diouf, ont reconnu l’importance de l’éducation et l’absolue nécessité de la financer pour que tous les enfants du monde y aient accès. « Pour aujourd’hui comme pour demain, l’éducation est une condition de sécurité, de stabilité, du développement durable, la seule possibilité  d’avoir des sociétés libres », a martelé Emmanuel Macron le 2 février devant l’ensemble des représentants internationaux. « « 300 millions d’enfants en sont pas scolarisés aujourd’hui, ils sont ainsi poussés à ne pas choisir leurs vie ou à choisir la pire. Nous devons agir et  ne plus perdre du terrain ».

« Agir pour l’éducation pour tous et ne plus perdre de terrain »

Même engagement du côté du Président Sénégalais Macky Sall, pour qui « la ligne de front de toutes les batailles pour la paix et le développement est l’éducation car elle prépare au vivre-ensemble, à lever des consciences et à l’acquisition des savoirs à des fins productives. »

« Ces engagements sont un investissement dans l’avenir de millions d’enfants et de jeunes. Ils représentent une contribution cruciale dans la mise en œuvre d’une éducation inclusive et équitable de qualité, dont l’UNESCO est l’agence de coordination dans le cadre de l’Agenda 2030. L’éducation est la clé du développement et de la paix mais nous sommes en situation de sous-investissement massif dont l’ampleur et les conséquences sont connues. Nous  avons besoin d’une intelligence collective en action dans une vision de long terme, organisée et financée. L’UNESCO sera au rendez-vous en apportant notre mandat, celui que les Etats nous ont confié, à cet effort collectif » a commenté Audrey Azoulay, Directrice généralede l’UNESCO.

Un engagement qui s’inscrit dans la durée

Enfin cet engagement pour une éducation universelle s’inscrit dans la durée, certains pays donateurs ayant déjà promis qu’ils feraient des contributions tout au long des prochains mois. « Cet  engagement est pris pour longtemps », a affirmé Emmanuel Macron, « car nous n’avons pas à dire à la jeunesse ce que sera leur avenir. Nous devons lui laisser la possibilité de choisir son avenir. C’est cela la promesse de l’éducation ».

Reste à espérer que cette belle promesse, faite les 1 et 2 février aux jeunes du monde entier, sera tenue, comme le souligne Laurence Caramel dans un article du Monde, du 1er février : « Les trop belles promesses de M. Macron à l’Afrique ». Déclarer l’éducation priorité- de la France ou de toute autre nation- ne suffira pas. Il est temps désormais de passer des discours aux actes concrets et « sur le terrain ».

> Lire la réaction d’Aide et Action à l’annonce par la France d’une contribution de 200 millions d’euros au PME et de 100 millions d’euros d’aide bilatérale