L’OCDE n’approuve pas les réformes Blanquer


L’ OCDE qui a dévoilé son nouveau rapport annuel sur l’éducation Regards sur l’éducation 2017 a fait part de ses inquiétudes quant aux nouvelles réformes qui touchent le système éducatif français en cette rentrée 2017. Certes, l’organisation internationale salue la volonté de Jean-Michel Blanquer de donner la priorité au primaire, jusque là « parent pauvre du système éducatif français », et de dédoubler les classes de CP en zone prioritaire, mais les inquiétudes restent nombreuses.

L’ OCDE tire la sonnette d’alarme

Á commencer par le retour de la semaine de 4 jours. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’OCDE n’y est pas favorable. Corinne Heckmann, l’une des expertes de l’OCDE en charge de l’éducation, a regretté le choix de plus d’un tiers des communes françaises de revenir à la semaine de quatre jours.  Et pour cause, avec 162 jours de classes par an (avec la semaine de 4 ,5 jours), les élèves français étaient déjà parmi ceux qui allaient le moins à l’école (21 jours de moins que la moyenne européenne). Avec la semaine de 4 jours, ils n’y vont plus que 144 jours. Paradoxalement, l’élève français est celui qui assiste à un nombre d’heures de cours astronomiques : 864 heures contre 776 en moyenne.  Et pour quels résultats s’interroge l’OCDE ? Force est de rappeler que les élèves français sont loin d’être performants dans les classements internationaux comme TIMMS ou PIRLS.

Mauvaise répartition du temps de travail

Face à une telle organisation du temps de travail (beaucoup d’heures concentrées en très peu de jours), l’OCDE s’inquiète du sort des enfants en difficulté scolaire et regrette que rien ne soit mis en place pour les accompagner. “La taille des classes va baisser mais le nombre de jours de classe va baisser aussi alors que le nombre d’heures de cours reste le même… On peut se poser la question de comment adapter la pédagogie pour les élèves en difficulté avec des journées si concentrées” explique Corinne Heckmann.

Priorité : accompagner les jeunes en difficulté

L’étude PISA 2016 l’avait déjà révélée : le principal problème du système éducatif français, outre le poids des inégalités économiques et sociales sur la réussite scolaire, reste la part croissante d’élèves en difficulté. Or sur ce point, l’OCDE ne voit rien se mettre en place pour les accompagner. La réouverture des classes de Grec et de Latin n’a en soi rien de répréhensible, mais l’organisation internationale craint que “ces classes ne renforcent l’élite des élèves français “, dit Corinne Heckmann au détriment des jeunes et des élèves en difficulté.

Former les enseignants pour accompagner tous les élèves

L’OCDE réaffirme donc la nécessité de former les enseignants à des méthodes pédagogiques spécifiques et d’améliorer le recrutement des enseignants notamment au niveau salarial. “Il faut trouver les moyens de revaloriser les enseignants“. Et pourtant les premières mesures gouvernementales ne semblent déjà pas aller dans le bon sens puisqu’aucune augmentation des salaires n’est à l’ordre du jour.